Culture

Cinéma : « Fana Mahat Bech Tethat » de Nada Mezni Hafaïedh : Une comédie romantique à double tranchant

  • 13 octobre 2026
  • 4 min de lecture
Cinéma : « Fana Mahat Bech Tethat » de Nada Mezni Hafaïedh : Une comédie romantique à double tranchant

Actuellement, les comédies romantiques ont le vent en poupe. Depuis «Sahbek Rajel 1 et 2» et le 3e en cours de Kais Chekir, les jeunes réalisateurs, à l’instar de Heifel Ben Youssef (Parasol, Dar El 3ers) et Mohamed Khalil Bahri (Last Chance), se tournent davantage vers les comédies populaires appréciées par un large public en quête de distraction. Nada Mezni Hfaïedh suit la même démarche avec son nouvel opus.

La Presse — Après son premier long métrage « Entre deux » (2023), « Fana Mahat Bech Tethat » (Dans quelle situation te mettras-tu), ou encore « What Else » (le titre en anglais), est la deuxième fiction de Nada Mezni Hafaïedh sur un scénario co-écrit avec Noura Nefzi. Le film a été projeté en avant-première, vendredi dernier, au cinéma Pathé dans une salle archipleine. 

Du genre comédie romantique très apprécié ces temps-ci par le public tunisien, cette production indépendante met en scène Farah (Sana Ben Cheikh Larbi) et Mourad (Mohamed Mrad), deux jeunes dont les existences basculent suite à de douloureuses déceptions amoureuses et familiales.

Un hasard fortuit les conduit à simuler une fausse relation amoureuse afin de tromper leur entourage. La supercherie devient rapidement incontrôlable. Entre quiproquos et pressions familiales, les mensonges s’accumulent et compliquent considérablement leur quotidien.

Toutefois, cette mise en scène imprévue laisse peu à peu place à une complicité sincère entre les deux protagonistes, bousculant leurs certitudes initiales. Les deux personnages principaux, Farah et Mourad, font face à plusieurs défis personnels sociaux et relationnels. Farah découvre la trahison de son compagnon Ilyes et cherche à surmonter cette déception.

Mourad, quant à lui, voit sa vie basculer avec la faillite de son père, une lourde dette familiale et l’abandon de sa fiancée. A la suite d’un stratagème visant à rendre jaloux l’ex de Farah, cette dernière présente par erreur Mourad — un parfait inconnu qu’elle a rencontré dans un lounge où il travaille — comme son fiancé.

Cette fausse relation née d’une méprise prendra un tout autre tournant. Soumis à la pression de leurs familles respectives, les deux protagonistes se retrouvent obligés de faire durer ces fausses fiançailles pour sauver les apparences. Pris au piège de leur propre jeu, ils doivent naviguer au milieu d’un engrenage de mensonges, de quiproquos et de situations imprévues qui deviennent de plus en plus difficiles à contrôler et font face à plusieurs défis personnels, sociaux et relationnels.

Dans cette intrigue, il y a Maya, coiffeuse et accessoirement enseignante d’anglais, (Wajiha Jendoubi), la cousine de Farah, qui agit comme le véritable élément déclencheur de l’histoire ainsi qu’Aymen, taxiste ami de Mourad. Soucieuse d’aider Farah à tourner la page suite à sa déception amoureuse, Maya cherche un moyen de faire réagir son ex. En véritable instigatrice du stratagème, elle imagine d’organiser un faux rendez-vous pour éveiller la jalousie d’Ilyes.

Même si son plan ne se déroule pas comme prévu (Farah présentant par erreur un inconnu, Mourad, comme étant son nouveau fiancé), c’est cette idée qui propulse l’engrenage des faux-semblants. Sans la stratégie initiale de Maya, la rencontre entre Farah et Mourad n’aurait jamais eu lieu.

« Fana Mahat Bech Tethat » ou encore « What Else » s’articule autour de plusieurs thèmes et codes majeurs de la comédie romantique : les faux-semblants et la fausse relation, les quiproquos et les malentendus, la jalousie, le hasard et la rencontre improbable, la reconstruction après la désillusion, la naissance de sentiments réels : en jouant la comédie, les deux protagonistes découvrent chez l’autre une complicité et une présence inattendues qui finissent par dépasser le simple jeu et enfin une autre histoire d’amour parallèle entre Maya et Aymen.

Filmé en grande partie en plans rapprochés, le film est porté par des acteurs devenus inévitables dans ce genre de comédie à savoir Wajiha Jendoubi et Sofien Dahech qu’on souhaiterait voir améliorer leur style de jeu et varier leur registre pour éviter de tomber dans les stéréotypes.

A leurs côtés on retrouve Mohamed Mrad, Sana Ben Cheikh Larbi, qui campent bien leur personnage et dans les rôles secondaires : Fatma Ben Saïdane en liseuse de bonnes aventures, Younes El Ferhi et Rim Zribi, les parents de Farah, et Latifa Gafsi, une parente un peu perdue dans les vapes.

Auteur

Neila GHARBI

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