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Théâtre – « Brouva » de Walid Daghsni : Un spectacle flamboyant sur la condition humaine

  • 14 octobre 2026
  • 3 min de lecture
Théâtre – « Brouva » de Walid Daghsni : Un spectacle flamboyant sur la condition humaine

« Brouva » propose une réflexion philosophique intense sur la condition humaine. Le spectacle interroge la dynamique du pouvoir et de l’autorité, faisant habilement le parallèle entre le milieu théâtral et le système politique. A travers une révolte des comédiens contre leur metteur en scène, l’œuvre explore la quête de liberté face aux dogmes traditionnels ainsi que les menaces liées à l’intelligence artificielle. Portée par une mise en scène immersive et des jeux de lumière saisissants, cette création artistique intègre également des dimensions mystiques pour éveiller les consciences. Enfin, ce spectacle bouleversant bouscule les spectateurs, les invitant à méditer sur l’émancipation de l’individu et la reconquête de son propre destin.

La Presse — Grâce à quatre comédiens inspirés : Mounir Laâmari, Oussama Khouchkar, Intissar Issaoui et Thaouab Idoudi, la nouvelle pièce du metteur en scène, Walid Daghsni, brille par la flamboyance de son texte philosophique sur le théâtre et la cité. « Brouva » (Répétitions) a été présenté, le 10 octobre au Rio.

Alors que les spectateurs s’apprêtaient à regagner leur siège, sur la scène, les comédiens ont pris leur place et commençaient les répétitions. Un homme vêtu d’un long burnous blanc avec son bâton de guide est debout au fond du décor tandis que les trois autres personnages sont couchés à même le sol.

Une image qui donne déjà le ton de la pièce qui se veut une réflexion sur le pouvoir au théâtre, mais aussi dans la vie. Qui dirige qui ? Qui a le pouvoir ? L’autorité, à savoir ici le metteur en scène ou les comédiens qui tentent de se rebeller contre leur guide.

Indirectement, l’autorité politique et sa mainmise sur le peuple ou le peuple qui à tout moment peut se rebeller et prendre son destin en main ? Qui s’effacera derrière qui ? Le texte signé par Walid Daghsni est d’une force époustouflante. Il propose une réflexion philosophique sur le pouvoir d’une manière générale qu’il soit au niveau de la création, et ce, depuis le théâtre grec ou politique. Un texte anticonformiste écrit avec une charge puissante et une grande vitalité.

Comment rompre avec les codes anciens et trouver une nouvelle voie où les personnages ou encore les individus ne restent pas esclaves de leur maître.

La liberté s’acquiert par la révolte et la rébellion, semble suggérer Daghsni. Visions, troubles, obsessions, le spectacle se meut comme une chorégraphie où se recomposent sous les yeux des spectateurs les nouvelles règles d’un monde régi par l’Intelligence artificielle. Qui de l’homme ou de la machine vaincra. Les spectateurs deviennent témoins d’un spectacle vertigineux qui les interpelle et les interroge.

L’immersion est totale et convaincante. Les comédiens sont tous impressionnants de présence. Ils portent une pièce forte et d’une rare densité. La mise en scène et la fonction de la lumière noire/obscure accentuent le relief de la pièce à laquelle la huppe, avec sa forte charge symbolique et mystique, offre « un message spirituel envers l’homme en quête du pays réel de son âme » selon certains textes philosophiques et mystiques de l’islam. La huppe apporte donc une flamboyance au récit et illumine la scène et indirectement les esprits.

Auteur

Neila GHARBI

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