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Journée mondiale de l’ostéoporose : 40% des femmes ménopausées concernées

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  • 18 octobre 2026
  • 6 min de lecture
Journée mondiale de l’ostéoporose : 40% des femmes ménopausées concernées

L’Institut Mohamed-Kassab d’orthopédie a organisé hier, au service des maladies rhumatismales et osseuses, une Journée de sensibilisation sur la santé osseuse et l’impératif de protéger son capital osseux. Cet évènement s’inscrit dans le cadre de la célébration de la journée mondiale de l’ostéoporose, en date du 20 octobre. Il est organisé en collaboration avec la Fondation internationale de l’ostéoporose.

La Presse — Le public a été convié à plusieurs ateliers de sensibilisation, d’information, de dépistage et de consultation. Les manches ont été retroussées afin de  vulgariser l’information sur l’ostéoporose, inciter à la prévention et au dépistage précoce ainsi qu’à une hygiène de vie, à même de préserver les os contre les risques.

«  Fidèle à son principe de promouvoir la culture sanitaire auprès du public, l’Institut Mohamed-Kassab d’orthopédie poursuit ses actions de sensibilisation. Aussi avons-nous consacré samedi dernier à la paralysie cérébrale. Aujourd’hui, c’est au tour de l’ostéoporose d’être mise en exergue par nos spécialistes et assimilée par un public avide de savoir, venu, d’ailleurs, de plusieurs gouvernorats riverains », indique le Dr Khaddouja Hamda ép. Souid, directrice générale de l’Institut. 

Les redoutables fractures de fragilité

La sensibilisation est largement justifiée. L’ostéoporose constitue une réelle épidémie silencieuse. Elle touche jusqu’à 40% des femmes ménopausées, âgées de plus de cinquante ans ainsi qu’un grand nombre d’hommes âgés de plus de soixante ans. « A défaut de prévention et de dépistage précoce, elle n’est diagnostiquée qu’en cas de fracture de fragilité, cette dernière étant une fracture résultant d’un traumatisme qui devrait être sans gravité aucune, comme un faux mouvements par exemple », explique Dr Wafa Hamdi, cheffe de service des maladies rhumatismales et osseuses. Pis encore, et toujours d’après la responsable, entre 10% et 20% des patients qui présentent des fractures de fragilité décèdent durant la même année et entre 20% et 30% perdent leur autonomie.

Intervenir sur les facteurs modifiables

Il faut savoir, par ailleurs, que les facteurs propices à l’ostéoporose sont de nature génétique, alimentaire, physique et environnementale. Une bonne hygiène alimentaire serait grandement utile pour lutter contre cette maladie. Dr Hamdi recommande une alimentation riche en vitamine D, en calcium et en protéines. Une activité physique régulière, ayant un impact mécanique, à même de renforcer les muscles comme le footing et la marche, serait de mise. « Il convient aussi d’éviter certains aliments et substances toxiques dont l’effet est certifié nocif sur les os, notamment le tabac, l’alcool, le sel, les boissons gazeuses ainsi que la caféine », renchérit-elle.

Dépister précocement pour éviter le pire

La prévalence non moindre de l’ostéoporose chez la population féminine et autre, masculine ainsi que son impact sur la qualité de vie des séniors sont à l’origine des vives incitations au dépistage précoce. L’objectif étant d’anticiper les éventuels traumatismes physiques et de prévenir les chutes. Au service de la médecine physique à l’Institut Mohamed-Kassab, les patients ont droit au dépistage précoce de cette maladie.

«  Pour toute femme ayant dépassé la ménopause d’une bonne dizaine d’année, le dépistage devient systématique. Un questionnaire lui est adressé dans le but de cerner les facteurs à risque comme celui génétique, les facteurs environnementaux, les chutes antécédentes… Puis, elle est soumise à un bilan sanguin à même de dévoiler l’éventuelle carence en vitamine D », explique Dr Sonia Lebib, cheffe de service B de médecine physique et réadaptation fonctionnelle.

Outre le dépistage de l’ostéoporose, les spécialistes misent sur la sensibilisation en guise de prévention des chutes. « Tout un questionnaire est établi pour évaluer les risques de chute d’un patient, notamment les problèmes de santé comme l’hypertension, l’incontinence urinaire nocturne, les troubles visuels et auditifs ainsi que la prise de certains médicaments comme les somnifères, les antalgiques… », ajoute Dr Lebib.

Enfin, une série de conseils pratiques et salutaires est fournie aux patients, les appelant à  sécuriser au mieux leur environnement. Les personnes atteintes d’ostéoporose doivent éviter, en effet, certains objets à la maison, dont les tapis, les fils électriques qui traînent par-ci et par-là et bien d’autres objets qui handicapent leur équilibre.

Entourée de femmes intéressées, Mme Farah Massaoudi, ergothérapeute, anime un atelier sur la prévention des chutes. « Il convient d’éviter de porter tout ce qui pourrait faciliter les chutes. La longueur des robes et les «  djebbas » que vous portez ne doit pas excéder le niveau de la cheville. Les tongs, les chaussures à talons et autres à lacets sont également à éviter. Optez plutôt pour des chaussures reposantes à scratch. Pour lacer ses souliers ou porter des chaussettes, il convient de s’asseoir afin d’éviter tout risque de vertige et, par conséquent, de chute », recommande-t-elle. 

Renforcer les muscles protecteurs des os

Il est utile de savoir que toutes les mesures de précautions précitées relèvent de la prévention primaire. Celle secondaire est axée, plutôt, sur le renforcement des muscles protecteurs des os.  Des exercices spécifiques sont enseignés aux patients présentant l’ostéoporose. Pr Catherine Dziri, cheffe du service A de  médecine physique et réadaptation fonctionnelle, insiste sur le maintien d’un bon état musculaire, lequel assure la souplesse des mouvements et l’équilibre.

« Il faut veiller à l’entretien des muscles surtout ceux du bassin et des pieds. Pour ce, il nous arrive de recommander le port de certains appareils orthopédiques comme les genouillères, la ceinture lombaire, les cannes ou encore le déambulateur », indique Pr  Dziri.

Et d’ajouter que le cadre médical et paramédical lutte contre le syndrome de la chute ; ce dernier étant la panique de tomber chez les seniors. « Il est important de redonner confiance en soi pour continuer à bouger normalement », renchérit-elle. La prévention tertiaire n’est autre que la prise en charge des cas de chutes associées à des fractures. Les efforts sont fournis pour  traiter au cas par cas, mais aussi pour lutter contre la douleur et éviter la régression motrice.

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Auteur

Dorra BEN SALEM

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