De la nécessité d’une nouvelle architecture financière
LA diversification des partenariats stratégiques est devenue, depuis quelque temps, une nécessité à la fois urgente et critique pour espérer briser l’impasse financière internationale et pallier le resserrement des financements concessionnels traditionnels.
Il faut dire que le refus catégorique de notre pays de se plier aux diktats douteux du FMI et sa détermination à se libérer, définitivement, d’une dépendance financière historique pénalisante, ont dicté l’adoption d’une nouvelle architecture financière qui favorise la transition vers des alternatives de financement multilatérales et régionales, tout en maximisant, bien entendu, la mobilisation des ressources propres.
Une nouvelle approche qui se positionne, aujourd’hui, comme étant un élément incontournable pour préserver et consolider la souveraineté financière et multiplier les chances d’une reconstruction rapide de l’économie nationale.
Il ne s’agit pas de chercher un simple substitut géopolitique bilatéral mais plutôt de prioriser les financements mixtes et de mieux promouvoir la finance alternative à travers, notamment la modernisation et la sécurisation du cadre réglementaire, la diversification des mécanismes d’ingénierie financière et la multiplication des plateformes technologiques.
Toutefois, la bonne conduite de cette nouvelle approche devrait reposer sur certains pivots stratégiques.
D’abord, il est nécessaire de savoir combiner les capitaux publics ou de développement avec les capitaux privés pour atténuer les risques et éviter les éventuels dérapages financiers. Il est question, donc, de l’instauration d’un véritable partenariat public-privé capable de cibler ou encore de concentrer les investissements mixtes sur les secteurs stratégiques, tels que l’énergie, la logistique et les industries à haute valeur ajoutée.
Un partenariat qui constituerait, sans aucun doute, une assurance de taille pour les investisseurs, notamment étrangers. Cette question de sécurisation des investisseurs est d’autant plus importante que le niveau actuel reste, malgré certains signes positifs, encore timide.
Les dernières statistiques des structures spécialisées relèvent, en effet, que l’investissement productif dans notre pays a atteint un niveau très bas avec 10,4% seulement. Une moyenne synonyme, selon certains rapports, de «décrochage majeur» avec la dynamique aussi bien continentale que régionale. N’oublions pas que la moyenne africaine en termes d’investissements productifs se situe aux alentours de 23,3%.
Pour redresser la barre, la Tunisie doit activer, rapidement, certains leviers structurels qui soient en mesure de restaurer la confiance des opérateurs économiques. D’ailleurs, le Plan de développement 2026-2030 et le projet de budget économique 2027 ciblent des réformes profondes pour corriger ce taux et le porter, au terme de la prochaine année, à 16,4% du PIB.
En somme, la transformation de notre architecture de financement aurait pour mérite de créer une dynamique de croissance, de renforcer les critères de rentabilité et de viabilité économique et limiter le recours massif au refinancement interne qui pourrait conduire, en cas d’excès, et comme on l’a souvent rappelé, à un assèchement des liquidités.



