À l’approche de l’Aïd al-Adha, le président du syndicat des agriculteurs, Midani Dhawi, a lancé un appel clair aux consommateurs tunisiens : privilégier l’achat direct auprès des producteurs afin de contrer la spéculation et la hausse injustifiée des prix des moutons.
Intervenant ce vendredi sur les ondes de Jawhara FM, Dhawi a mis en garde contre “les achats dictés par l’émotion”, exhortant les citoyens à se rendre directement dans les marchés hebdomadaires au niveau des délégations et des gouvernorats. Objectif affiché : réduire le rôle des intermédiaires, qu’il accuse de perturber le marché.
Selon lui, le prix du kilogramme vif chez le producteur ne dépasse pas 60 dinars, un niveau bien inférieur à celui constaté sur certains circuits de vente. Il dénonce ainsi “un rôle négatif des intermédiaires, notamment via les réseaux sociaux”, les accusant d’amplifier artificiellement la crise et de créer une rareté fictive dans le but de tirer les prix vers le haut.
Des écarts de prix injustifiés
Le responsable syndical évoque également des écarts de prix pouvant atteindre le double du tarif réel, en raison de la multiplication des intermédiaires entre l’éleveur et le consommateur final. Une situation qu’il juge “injustifiée” et pénalisante pour le pouvoir d’achat des Tunisiens.
Face à cette réalité, Dhawi appelle à une consommation plus rationnelle et à un comportement d’achat basé sur l’observation directe plutôt que sur l’influence de la publicité numérique et des plateformes sociales.
Contrairement à certaines idées répandues, le président du syndicat des agriculteurs affirme que la Tunisie ne fait pas face à une crise aiguë de production. Le véritable problème résiderait, selon lui, dans “le dysfonctionnement des circuits de distribution” ainsi que dans “l’exploitation des conditions économiques des citoyens”.
Il insiste ainsi sur le rôle clé du consommateur dans la régulation du marché, estimant que la solution commence par une prise de conscience collective et par l’adoption de l’achat direct auprès des agriculteurs.
Dans un contexte marqué par une pression croissante sur le pouvoir d’achat, cet appel pourrait trouver un écho particulier auprès des ménages tunisiens, à la recherche de solutions pour faire face à la hausse des prix à l’approche de l’une des fêtes les plus importantes de l’année.



