Ecosystèmes forestiers : une nouvelle stratégie pour une gestion durable
Le directeur du développement des forêts et des parcours à la Direction générale des forêts, Ezeddine Taghouti, a affirmé ce mardi 21 avril 2026 que la stratégie des forêts et des parcours à l’horizon 2050 constitue la quatrième du genre depuis 1990. Elle s’étale sur 25 ans et s’inscrit en cohérence avec les autres stratégies nationales de long terme.
Dans son intervention à la radio, il a précisé que cet horizon ne signifie pas l’absence de planification intermédiaire, puisque la stratégie sera déclinée en plans quinquennaux, dont le premier couvrira la période 2026-2030, suivi d’autres phases plus détaillées.
Ezeddine Taghouti a indiqué que la nouvelle stratégie repose sur une évaluation globale de la précédente (2015-2024), selon des standards internationaux portant sur l’efficacité, la durabilité et le degré d’implication des différentes parties prenantes. Il a reconnu que les résultats de la stratégie précédente n’ont pas été à la hauteur des attentes, en raison de plusieurs facteurs, notamment le contexte économique et politique, la pandémie de Covid-19 ainsi que la récurrence des années de sécheresse. Ces contraintes ont conduit à l’adoption d’une nouvelle approche plus réaliste et flexible.
Il a également souligné que cette nouvelle vision est fondée sur une démarche participative impliquant plusieurs acteurs. Des ateliers régionaux ont été organisés à travers le pays avec la participation de la société civile, des acteurs locaux et des structures régionales. Les grandes orientations ont également été présentées lors d’un atelier national afin d’assurer un large consensus.
Dans ce cadre, Slim Jradli, responsable du programme des écosystèmes terrestres et du changement climatique au Fonds Mondial pour la Nature en Afrique du Nord, a insisté sur l’importance d’impliquer les communautés locales, considérées comme des partenaires essentiels dans la protection des écosystèmes et non de simples bénéficiaires.
Il a précisé que la nouvelle stratégie repose sur quatre axes majeurs : la valorisation des forêts en tant que ressource multifonctionnelle (produits ligneux et non ligneux, écotourisme, stockage du carbone), l’extension du couvert forestier et pastoral à travers des programmes de reboisement et de restauration des écosystèmes dégradés, le renforcement de la gouvernance participative impliquant notamment les populations locales, ainsi que la modernisation du cadre juridique et institutionnel pour améliorer l’efficacité.
Slim Jradli a également rappelé que les forêts et parcours forestiers en Tunisie couvrent environ 5,3 millions d’hectares, constituant ainsi un pilier essentiel de l’équilibre écologique. Toutefois, ces écosystèmes font face à des menaces croissantes telles que le changement climatique, la hausse des températures, la multiplication des incendies et la prolifération des parasites.
Les deux intervenants ont enfin souligné que le financement de cette stratégie repose sur un modèle à trois composantes : le budget de l’État, les partenariats internationaux avec les bailleurs de fonds et institutions financières, ainsi que la contribution du secteur privé et de la société civile dans le cadre de la responsabilité sociétale.
Ils ont conclu que la réussite de cette stratégie dépendra de la convergence des efforts, de la réforme du cadre juridique, du renforcement des ressources humaines et de l’ancrage d’une culture de partenariat entre tous les intervenants.



