Conflit au Mali : Dr Alaya Alani étudie les retombées sur la Tunisie et sur l’Afrique du Nord

L’universitaire et chercheur Dr Alaya Allani, a affirmé ce lundi 27 avril 2026 que même si la Tunisie n’a pas de frontières directes avec le Mali, il faut faire preuve de la plus grande vigilance.
Lors d’une intervention téléphonique qui a été diffusée ce matin sur les ondes de Jawhara FM le chercheur spécialisé en groupes islamiques a indiqué que les évènements au Mali auraient des impacts plus importants sur l’Algérie et la Mauritanie dans la mesure où ces deux pays frères ont des frontières communes avec le Mali. Pour ce qui est de la Tunisie, M. Allani a expliqué que « le danger réside dans une éventuelle infiltration d’éléments terroristes via les vagues de migration irrégulière vers l’Europe ». Une éventualité, poursuit-il, qui pourrait perturber les équilibres sécuritaires régionaux. Il a souligné dans cet ordre d’idées que « la menace n’est pas imminente » tout en indiquant que « la scène malienne connaît une complexité croissante en raison du conflit permanent entre l’État et les organisations extrémistes ».
L’intervenant a par ailleurs précisé que « le Mali souffre d’un épuisement sécuritaire depuis les années 1990 que l’intervention française précédente n’a pas réussi à résoudre. Chose qui a entraîné des mutations géopolitiques majeures après le coup d’État de 2020 ».
Il a également souligné que « les organisations terroristes au Mali se partagent le pouvoir entre elles tout en indiquant que c’est le « Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans » (affilié à Al-Qaïda) qui est le plus dominant et le plus répandu comparativement avec l’organisation « Daech » et à « Boko Haram », dont la présence reste limitée ».
Il a ajouté que ce sont aussi bien les conflits ethniques que les convoitises internationales pour les ressources naturelles, telles que l’or et l’uranium qui accentuent les tensions.
M. Allani a conclu qu’en dépit des difficultés logistiques, « l’armée malienne tente toujours de maîtriser la situation malgré l’immensité du territoire difficile à surveiller ». Il a dans ce cadre insisté sur « la nécessité d’un suivi rigoureux de l’évolution de la situation afin d’éviter tout contrecoup sécuritaire majeur en Afrique du Nord ».
Il est à rappeler que samedi dernier, des hommes armés de la coalition du « Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans » ainsi que des rebelles portant la bannière du « Front de libération de l’Azawad » ont lancé une attaque coordonnée sur Bamako ainsi que sur les villes de Kati, Sévaré, Gao et Kidal. L’état-major général a annoncé ultérieurement que la situation dans ces zones a été maîtrisée.
Cependant, le gouvernement malien a annoncé hier, dimanche 26 avril, le décès du ministre de la Défense et des Anciens Combattants, Sadio Camara, à la suite d’une attaque menée par des éléments armés contre sa résidence à la base militaire de Kati, près de la capitale Bamako.





