Le Fonds Monétaire International (FMI) a abaissé, ce jeudi, ses prévisions de croissance pour les économies du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord à 1,1 % en 2026, soit environ 2,8 % de moins que ses estimations précédentes. Il a averti que les répercussions de la guerre américano-sioniste contre l’Iran se répartissent de manière inégale entre les pays de la région.
Le Fonds a précisé que les pays du Golfe exportateurs de pétrole et de gaz sont affectés par les perturbations de l’énergie et de la navigation, tandis que les pays importateurs de pétrole, tels que l’Égypte et la Jordanie, font face à un double choc : l’augmentation du coût des produits de base et la baisse potentielle des transferts de fonds des travailleurs du Golfe. Le FMI prévoit qu’une reprise plus nette apparaîtra en 2027, si la guerre s’apaise et que les approvisionnements ainsi que les routes commerciales reviennent à un fonctionnement proche de la normale.
Répercussions
Lors d’une conférence de presse tenue ce jeudi, Jihad Azour, directeur du département Moyen-Orient et Asie centrale au FMI, a déclaré que l’impact ne se limite pas au pétrole et au gaz, mais s’étend également aux engrais, aux produits chimiques et à d’autres marchandises qui confèrent à la région son poids stratégique dans le commerce mondial. Il a ajouté que le secteur non pétrolier a également reçu un coup dur, d’autant plus que les pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG) jouent un rôle pivot dans l’aviation et la logistique.
Parallèlement, la Banque Mondiale a déclaré que la région est confrontée à des « coûts humains et économiques considérables » avec la détérioration des routes énergétiques, l’augmentation de la volatilité financière et le recul des perspectives de croissance en 2026. Selon les données présentées par le Fonds, la croissance des pays du CCG devrait ralentir à 2 % cette année, contre des estimations précédentes de 4,3 %, avec des disparités marquées entre les économies du Golfe elles-mêmes.
L’Arabie Saoudite semble être parmi les moins touchées relativement, grâce à sa capacité à rediriger une partie de ses exportations loin du détroit d’Ormuz et grâce à une base non pétrolière plus solide. Les données actualisées du Fonds montrent une croissance attendue de l’économie saoudienne de 3,1 % en 2026, soit le même niveau prévu pour les Émirats arabes unis.
Les pays vulnérables
Le Fonds souligne que les pays pauvres disposant de moins de réserves monétaires sont les plus exposés. La Banque mondiale a, de son côté, indiqué que l’Égypte, la Jordanie et le Pakistan figurent désormais parmi les pays les plus vulnérables aux effets économiques et sociaux indirects de la guerre contre l’Iran.
Face à cet environnement, le FMI a appelé à accélérer la diversification des économies et des routes commerciales, à renforcer les infrastructures critiques et à élargir la coopération régionale dans les domaines de l’alimentation, de l’eau et de l’énergie. Ces recommandations rejoignent celles de la Banque mondiale, qui a souligné que le conflit actuel ne frappe pas seulement la croissance immédiate, mais teste également la capacité des gouvernements de la région à créer des emplois et à instaurer une résilience économique au milieu d’un choc géopolitique prolongé.


