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Sardine : quand le “poisson du pauvre” devient un luxe pendant Ramadan…

  • 27 février 14:27
  • 3 min de lecture
Sardine : quand le “poisson du pauvre” devient un luxe pendant Ramadan…

En plein Ramadan, période où les repas en famille se multiplient et où le poisson occupe une place centrale sur les tables de l’iftar, le sardine, longtemps considéré comme le “poisson du pauvre”, devient un produit difficilement accessible pour de nombreuses familles tunisiennes. La récente hausse des prix frappe particulièrement les ménages modestes, déjà confrontés à une inflation généralisée sur les denrées alimentaires.

Ce mercredi, au marché central de Tunis, plusieurs consommateurs ont exprimé leur désarroi face à la flambée des tarifs. Eya, employée et mère de deux enfants, confie : “Le poisson a toujours été un refuge pour les familles à revenus modestes, mais aujourd’hui, même le sardine n’est plus à notre portée. Il faut réduire la quantité et faire des choix difficiles.”

Le prix du sardine, qui avait atteint 18 dinars le kilogramme la semaine dernière, est actuellement de 7 dinars, un tarif jugé encore trop élevé pour le budget de nombreux foyers.

Du côté des vendeurs, la hausse des prix s’explique par des facteurs naturels. Les mauvaises conditions climatiques ont empêché de nombreux bateaux de sortir en mer, réduisant l’offre sur le marché.

“Quand il y a moins de poisson et que la demande reste la même, les prix augmentent automatiquement. C’est la loi de l’offre et de la demande”, explique un commerçant.

Certains types de poissons voient néanmoins leurs prix baisser légèrement avec l’amélioration du temps, mais la situation reste fragile.

Les prix récents reflètent cette tension : la cheffara se négocie entre 18 et 40 dinars le kilo, la warqa à 22 dinars, le spars à 6 800 dinars, le gazelle à 18 600 dinars et le sardine à 7 800 dinars…

Les professionnels estiment que les tarifs pourraient encore diminuer si le rythme normal des sorties en mer est rétabli, mais aucune garantie n’est donnée à court terme.

Pour les familles tunisiennes, le poisson reste un aliment central en ce mois sacré. Beaucoup doivent arbitrer entre qualité et quantité.

“Nous essayons de varier les menus et d’acheter d’autres types de poisson moins chers, mais ce n’est jamais aussi satisfaisant que le sardine, qui est simple et nutritif pour les enfants”, explique Wassila, une mère de trois enfants.

Ainsi, entre les coûts de production, le transport, les conditions naturelles et la complexité des chaînes de distribution, le pouvoir d’achat devient le maillon le plus fragile.

Les familles espèrent que la situation s’améliorera rapidement afin de pouvoir profiter de repas à base de poisson abordables, sans sacrifier la quantité ni la qualité.

Alors que les autorités et les professionnels de la pêche surveillent l’évolution des stocks et des prix, l’accessibilité du sardine et du poisson en général reste une question cruciale, en particulier pour les ménages modestes.

Pour beaucoup, la réapparition d’un poisson à prix raisonnable pendant le Ramadan représente plus qu’un simple repas : c’est un symbole de la continuité des traditions familiales et de la convivialité propres à ce mois sacré.

Auteur

R. I

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