gradient blue
gradient blue
A la une Société

Les vétérinaires persistent : attention aux maladies transmissibles de l’animal à l’homme !

Avatar photo
  • 10 février 13:06
  • 4 min de lecture
Les vétérinaires persistent : attention aux maladies transmissibles de l’animal à l’homme !

Nous sommes à quelques jours seulement de l’avènement du mois de Ramadan. Un mois durant lequel la consommation des produits laitiers marque une hausse spectaculaire. De la ricotta au fromage blanc et en passant par le lait caillé (lben et Raïeb), le lait et ses dérivés deviennent des produits très prisés. Et souvent ce sont les produits laitiers crus, et donc non pasteurisés (dits “arabe”) qui titillent les jeûneurs.

Cependant, ces produits non industriels gardent certes toute leur teneur et leur saveur, mais si le goût y est, les risques le sont tout autant.

C’est ce qu’a expliqué le docteur Marwan Zayati, médecin vétérinaire qui a mis en garde ce matin du mardi 10 février 2026, contre la consommation de produits laitiers non pasteurisés. Invité sur les ondes de la Radio Nationale, il a souligné que les produits précités constituent un vecteur de transmission à l’homme de la brucellose, connue sous le nom de fièvre de Malte, et qui est une maladie observée chez les ovins, les caprins et les bovins.

Le médecin a précisé que l’infection peut également se transmettre par la viande d’animaux atteints, exhortant d’abord les citoyens à n’acheter que les produits laitiers pasteurisés et à veiller à une cuisson complète des viandes avant toute consommation.

Mot d’ordre : vaccination et vigilance

Le docteur Zayati a insisté sur l’obligation pour les éleveurs, agriculteurs et vétérinaires de porter des gants lors de toute manipulation d’animaux infectés. Il a particulièrement recommandé cet usage en cas d’avortement épizootique. Et ce, afin d’éviter tout contact direct avec les tissus ou fluides infectés et par ricochet, prévenir la contagion. Il a par ailleurs rappelé qu’aussi bien chez l’homme que chez l’animal, la maladie est souvent asymptomatique au début, précisant que les principaux signes cliniques chez l’être humain incluent une fièvre chronique, des arthralgies (douleurs articulaires) et un état d’épuisement intense.

L’intervenant a en outre appelé tous les professionnels du secteur à s’impliquer activement dans la campagne nationale de vaccination du cheptel, lancée début février et prévue pour durer jusqu’à la fin du mois d’avril.

Rappelons dans ce même ordre d’idées que le doyen des médecins vétérinaires, Ahmed Rejeb, a alerté sur les risques liés à la prolifération d’insectes vecteurs de pathologies animales suite aux récentes précipitations. Il a réitéré l’appel à la vaccination du bétail, mesure indispensable pour garantir la protection de la santé animale et, par extension, de la santé publique.

La brucellose en chiffre

La brucellose (ou fièvre de Malte) demeure un enjeu de santé publique majeur, tant à l’échelle mondiale qu’en Tunisie, en raison de son caractère endémique dans les zones d’élevage. En Tunisie, la maladie est à déclaration obligatoire.

Bien que les chiffres varient selon les années et les régions, les tendances récentes (2017) indiquent une incidence globale qui a été estimée à 9,8 cas pour 100 000 habitants, soit environ 621 nouveaux cas déclarés cette année-là.

La maladie touche majoritairement les hommes (environ 65 % des cas) et les populations rurales actives (éleveurs, agriculteurs). Le sud du pays est particulièrement touché où l’incidence à Gafsa a atteint des sommets locaux, représentant parfois jusqu’à 46 % des cas nationaux lors de certains pics épidémiques.

Il est par ailleurs à noter que plus de 80 % des cas surviennent au printemps et en été (pic en mai), période correspondant à l’augmentation de la production laitière et à la consommation de produits laitiers crus. 

Avatar photo
Auteur

Abir Chemli

You cannot copy content of this page