L’urgence d’un dispositif d’écoute dans nos écoles
Le colloque national consacré à la protection des établissements scolaires contre la violence vient de clore ses travaux. Les débats, riches et pluriels, ont mis en lumière la complexité d’un phénomène qui ne se limite ni aux coups ni aux insultes, mais s’étend aux blessures invisibles de l’esprit, aux humiliations sociales et aux dérives numériques.
L’école, censée être un sanctuaire du savoir et de l’éveil, se trouve trop souvent traversée par des tensions qui en altèrent la mission première : former des citoyens libres, responsables et confiants.
Bref, c’est dit et c’est acté, mais il serait illusoire de croire que la tenue de séminaires, si pertinents soient-ils, suffira à endiguer cette marée.
La violence scolaire ne doit pas rester prisonnière des colloques et des rapports soigneusement rédigés. Elle exige une traduction immédiate sur le terrain, une incarnation concrète dans les pratiques quotidiennes des établissements.
Les cellules d’écoute, maintes fois promises et toujours différées, doivent enfin voir le jour. Car écouter un élève, c’est déjà le sauver d’un silence qui ronge, c’est lui offrir un espace où la parole devient remède et la confiance, antidote.
Les intervenants ont eu raison de rappeler que la réponse à la violence ne saurait être uniquement punitive. La réparation, le dialogue, la médiation éducative doivent précéder la sanction.
Mais pour que ces principes ne demeurent pas de simples slogans, il faut leur donner chair : des conseillers formés, des lieux dédiés, des budgets alloués.
L’école ne peut se contenter d’enseigner les mathématiques et la grammaire ; elle doit aussi apprendre à ses enfants l’art de vivre ensemble, la maîtrise de soi, l’importance du respect.
Ainsi et on ne le répètera jamais assez, il est urgent de transformer l’établissement scolaire en un espace de vie, où la culture, le sport, les arts et la responsabilité partagée deviennent autant de remparts contre la brutalité.
Un élève qui peint, qui joue au théâtre, qui s’entraîne sur un terrain de sport, est un élève qui canalise ses énergies et découvre la joie de l’effort collectif.
L’école doit redevenir ce lieu où l’on apprend à être, autant qu’à savoir. Certes le colloque a ouvert des pistes, mais l’heure n’est plus aux pistes : elle est à l’action. Attendons voir !