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Editorial

Energie : la sécurisation des approvisionnements d’abord

  • 14 avril 2026
  • 3 min de lecture
Energie : la sécurisation des approvisionnements d’abord

Le secteur énergétique se retrouve, encore une fois, sous forte pression. C’est que le conflit au Moyen-Orient exacerbe la crise énergétique mondiale et place, désormais, la sécurité des approvisionnements, tout comme la volatilité des prix du baril, au cœur des priorités stratégiques internationales.

Tout le monde convient, en effet, que la vulnérabilité des installations et les risques qui pèsent, de plus en plus, sur les infrastructures menacent sérieusement l’économie mondiale et accentuent l’urgence d’une transition vers les énergies durables.

On dirait même que la crise s’est transformée en catalyseur pour investir encore plus dans les énergies renouvelables et se doter, ainsi, d’une souveraineté énergétique à long terme. Elle se présente même comme une épreuve de résilience pour les systèmes énergétiques et contraint, du coup, les architectes économiques à refonder leurs politiques face aux nouvelles incertitudes géopolitiques.

Cette «révision» des politiques est dictée par le besoin  pressant de réduire une forte dépendance aux énergies fossiles, dont plus de 20% transitent par le Golfe. Et cela devrait concerner, notamment, les pays hautement exportateurs qui, faute d’alternative fiable et durable, risquent de compromettre l’avenir de leurs économies.

Ce qui incite encore plus à cette transition stratégique, c’est qu’elle n’est pas aussi complexe que le pensent certains. Certes, elle est quelque peu coûteuse dans sa réalisation mais fortement rentable à moyen et long termes.

D’ailleurs, plusieurs pays ont réussi à relever un tel enjeu. C’est le cas, entre autres, du Kenya qui, en l’espace de quelques années seulement, est devenu un leader mondial en énergies renouvelables, notamment l’énergie géothermique. Cela s’applique aussi au Chili qui a pu s’assurer la croissance la plus rapide au monde en termes de développement des énergies renouvelables, le solaire et l’éolien en particulier. Et la liste est encore longue.

La Tunisie, malgré certaines avancées, n’arrive toujours pas à s’assurer une marge assez sécurisante en matière énergétique, ce qui explique d’ailleurs les appréhensions des experts vis-à-vis de la profondeur de l’impact de la situation sécuritaire au Moyen-Orient. Des appréhensions du reste compréhensibles, étant donné la fragilité de notre secteur énergétique et sa forte dépendance au marché international en raison d’un déficit entre production et consommation.

Ce qui alimente encore plus les craintes des experts, c’est aussi la volatilité assez fréquente des prix du pétrole sur les marchés mondiaux et qui est en train de prendre des courbes à risque en raison non seulement des perturbations au niveau de l’offre ou de la production mais également à celui des pratiques spéculatives redoutant un éventuel élargissement du conflit.

Il faut reconnaître toutefois que le contexte international n’est pas le seul responsable de la fragilité de notre secteur phare. N’oublions pas que malgré tous les appels, notre pays tarde toujours à se construire, même progressivement, une souveraineté énergétique, faute d’efficacité, d’investissements ciblés, de transition dynamique et d’engagements.

Des facteurs pénalisants qui doivent céder la place à une nouvelle stratégie fiable et performante.

Auteur

Anis SOUADI

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