Réforme du code des changes : Entre impératif d’ouverture et prudence financière
Les représentants du ministère des Finances ont affirmé que le projet de réforme du système de change est toujours en phase d’étude et de concertation, compte tenu de la multiplicité des parties prenantes. Ils ont souligné que cette réforme s’inscrit dans une vision globale, indissociable des autres réformes législatives et économiques du pays.
Lors d’une audition devant la commission des finances et du budget de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), ils ont insisté sur le fait que toute réforme doit instaurer un équilibre délicat entre les exigences de l’ouverture économique et la nécessité de préserver les équilibres financiers. Le futur Code des changes devra ainsi tenir compte des divers risques, s’aligner sur les engagements internationaux — notamment en matière de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme — et adopter une approche progressive vers toute forme de libéralisation.
Investissements et Startups : Une approche sélective
Concernant les investissements des entreprises tunisiennes à l’étranger, le ministère a précisé qu’ils sont traités selon une approche sélective au cas par cas, évaluant la rentabilité de chaque projet et sa capacité à générer des revenus réinjectables dans l’économie nationale. Le projet de réforme prévoit d’ailleurs des dispositions visant à mieux encadrer l’investissement étranger en Tunisie et les placements tunisiens à l’international, afin d’offrir un cadre légal plus clair et attractif.
Il a également été rappelé que certaines catégories, comme les startups, bénéficient depuis 2018 de mesures spécifiques, notamment la possibilité d’ouvrir des comptes en devises alimentés par les revenus d’exportation et les bénéfices, illustrant une volonté de soutenir l’initiative privée.
La libéralisation totale écartée pour le moment
Les représentants du ministère ont été clairs : la libéralisation totale du change n’est pas adaptée à la conjoncture économique actuelle. Toute ouverture doit être liée à l’évolution des indicateurs macroéconomiques de base (production, investissement, exportations et épargne). L’objectif est de garantir la stabilité de la monnaie nationale et d’éviter des pressions sur la balance des paiements et les réserves en devises.
De son côté, le président de la commission des finances, le député Maher Kattari, a souligné que le nouveau Code des changes doit répondre aux besoins des acteurs économiques tout en reflétant les mutations du commerce extérieur. Il a appelé à ce que ce texte soit le fruit d’un travail collaboratif entre les pouvoirs exécutif et législatif, ainsi qu’avec les experts et les structures professionnelles, pour garantir un texte équilibré et applicable.



