Crédits carbone : la clé (encore incertaine) de l’électricité verte en Tunisie
La Commission de l’industrie, du commerce, des ressources naturelles, de l’énergie et de l’environnement à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) a auditionné, mercredi, le ministre de l’Environnement, Habib Abid, ainsi que le PDG de la Société tunisienne de l’électricité et du gaz, Fayçal Trifa, au sujet du mécanisme d’échange des crédits carbone, dans le cadre de l’examen de projets de lois relatifs à la production d’électricité à partir des énergies renouvelables.
Le ministre de l’Environnement a expliqué que la réalisation de ces projets reste tributaire de l’existence d’un mécanisme de partage des crédits carbone, en raison de leur faible rentabilité en son absence (de ce mécanisme), soulignant que l’instabilité du marché mondial du carbone limite les possibilités de leur commercialisation.
Il a mis en avant l’importance du mécanisme de partage des crédits carbone pour la Tunisie, notamment en matière de transfert de savoir-faire, de renforcement des politiques climatiques, d’accélération de la transition énergétique et d’amélioration de la compétitivité économique.
« Ce mécanisme demeure conjoncturel, au regard de l’orientation de plusieurs pays vers la neutralité carbone », estime-t-il, rappelant que la Tunisie ne couvre que 35 % de ses besoins énergétiques par ses propres ressources.
Il a, dans ce cadre, évoqué les accords de coopération conclus avec le Japon et la Suisse, précisant que le mécanisme de crédit conjoint (JCM) repose sur un partage des crédits sans cession, tout en garantissant l’absence de double comptabilisation conformément à l’Accord de Paris.
De leur côté, les députés ont soulevé plusieurs interrogations portant sur le cadre juridique des accords, la propriété des crédits carbone et leurs retombées pour la Tunisie. Ils ont également appelé à la révision de certains avantages accordés aux investisseurs, tout en insistant sur sur la nécessité de préserver les droits des générations futures et d’élaborer un plan énergétique national clair.
Pour sa part, le PDG de la STEG a indiqué que les crédits carbone issus des projets de concessions appartiennent principalement à la société, évoquant l’existence de plusieurs options de partage ou de transfert à l’État. Il a insisté sur l’importance de ces projets en matière de transfert de technologie, malgré les difficultés financières que connaît la STEG, appelant à accélérer leur adoption afin de soutenir l’investissement dans les énergies renouvelables.



