Le président de l’Organisation nationale des entrepreneurs (ONE) en Tunisie, Yassine Gouiâa, a plaidé mardi pour une transformation en profondeur du cadre de l’investissement, estimant que la priorité n’est plus l’adoption de nouveaux textes législatifs, mais le rétablissement de la confiance entre l’État et les investisseurs.
Intervenant à la suite de son audition par la Commission du plan stratégique, du développement durable, des transports, des infrastructures et de l’aménagement du territoire, consacrée à une proposition de loi modifiant la législation sur l’investissement, il a appelé à “traduire les visions en actions concrètes”.
Selon lui, l’investissement repose avant tout sur la confiance. “L’investisseur tunisien ou étranger n’a pas besoin aujourd’hui de nouvelles lois, mais de signaux forts, de confiance dans l’État et d’une vision réformatrice capable d’encourager l’investissement et la croissance”, a-t-il déclaré.
Yassine Gouiâa a insisté sur la nécessité d’instaurer une égalité réelle des chances entre investisseurs tunisiens et étrangers, appelant à des mesures jugées “révolutionnaires”, notamment la mise en place du principe du silence valant autorisation et la création d’un identifiant unique de l’investisseur, permettant de centraliser et digitaliser l’ensemble des procédures administratives.
Il a aussi dénoncé la complexité des démarches administratives, appelant à la création d’un guichet unique destiné à simplifier la création d’entreprises, l’accès à l’information et les procédures d’investissement. Il a, en outre, insisté sur l’urgence d’accélérer la mise en œuvre des réformes et de passer de la planification à l’exécution.
Dans le même sens, le président de l’ONE a plaidé pour une réforme du rôle des régions, appelant à leur transformation en pôles économiques compétitifs, ainsi qu’à la suppression progressive des autorisations administratives jugées contraignantes.
Il a également souligné l’importance croissante de la protection des données et de la cybersécurité pour les investisseurs, dans un contexte de digitalisation accrue et de sensibilité des informations économiques.
Enfin, Yassine Gouiâa a alerté sur les difficultés de financement auxquelles font face les petites et moyennes entreprises, rappelant leur rôle central dans le tissu économique national. Il a appelé à des solutions urgentes pour soutenir ces structures, qu’il considère comme un pilier essentiel du développement économique.



