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Société

Compléments alimentaires : un marché de 59 millions de dinars sans cadre juridique légal

  • 12 mars 09:37
  • 4 min de lecture
Compléments alimentaires : un marché de 59 millions de dinars sans cadre juridique légal

La Commission de la santé, de la femme, de la famille, des affaires sociales et des personnes handicapées à l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP) a examiné une proposition de loi relative à la fabrication des compléments alimentaires. À cette occasion, les députés ont auditionné des représentants du groupement professionnel des fabricants de compléments alimentaires relevant de la Confédération des entreprises citoyennes de Tunisie (CONECT).

Au début de la séance, tenue hier, les représentants du groupement ont présenté un exposé sur l’état du secteur en Tunisie. Ils ont indiqué que 76 entreprises opèrent actuellement dans ce domaine, employant environ 600 cadres et 1 400 ouvriers. Selon un communiqué de l’ARP, la valeur des produits de ce secteur a dépassé 59 millions de dinars sur le marché en 2023, ce qui témoigne de son potentiel économique et de sa capacité d’emploi.

Les intervenants ont toutefois souligné que, malgré son développement, le secteur ne dispose toujours pas d’un cadre législatif spécifique. Cette absence de réglementation a favorisé l’apparition de plusieurs dysfonctionnements et abus, notamment l’intervention d’acteurs non qualifiés et la multiplication des campagnes de promotion sur les réseaux sociaux, souvent sans préciser la composition ou les bienfaits réels des produits, ni les distinguer clairement des médicaments.

Les représentants du groupement ont ainsi appelé à l’instauration d’un cadre juridique indépendant pour encadrer la fabrication et la commercialisation des compléments alimentaires, à l’image de ce qui existe dans de nombreux pays. Selon eux, le vide législatif, la désorganisation des circuits de distribution et l’absence de contrôle ont poussé plusieurs compétences tunisiennes à s’expatrier afin de produire et commercialiser leurs produits à l’étranger via des intermédiaires.

Ils ont également indiqué que le ministère de la Santé prépare actuellement un cahier des charges destiné à réglementer le secteur, regrettant toutefois que leur organisation n’ait pas été associée à son élaboration, ce qui pourrait conduire à l’adoption de dispositions ne tenant pas suffisamment compte des spécificités du domaine.

Les représentants du groupement ont par ailleurs affirmé que, contrairement à certaines idées répandues, les compléments alimentaires ne présentent pas de danger pour la santé des consommateurs lorsqu’ils sont encadrés par une législation nationale claire régissant leur fabrication et leur commercialisation. Selon eux, un cadre réglementaire et des mécanismes de contrôle appropriés permettraient non seulement de mettre fin aux dérives actuelles, mais aussi de contribuer à la prévention de plusieurs maladies et à l’amélioration de la santé publique.

De leur côté, les députés présents ont salué les informations fournies par les représentants du secteur, insistant sur la nécessité urgente de réglementer ce domaine encore marqué par un vide juridique. Ils ont également souligné l’importance de soutenir les compétences nationales et de favoriser la production locale afin d’éviter la fuite des talents.

Certains intervenants ont estimé que la principale problématique liée aux compléments alimentaires réside dans les méthodes de promotion et de publicité, qui peuvent induire les consommateurs en erreur en les présentant comme des médicaments capables de traiter plusieurs maladies, dans un contexte marqué par l’insuffisance des contrôles.

À l’issue de la séance, les membres de la commission ont salué les propositions formulées par le groupement professionnel et ont indiqué qu’ils poursuivront l’examen de cette proposition de loi, tout en programmant d’autres auditions lors des prochaines réunions.

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Auteur

R. I

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