gradient blue
gradient blue
Actualités

Tribune – Liberté éditoriale et responsabilité nationale : Quand certains médias en ligne font fi de toute déontologie

Avatar photo
  • 1 janvier 2026
  • 5 min de lecture
Tribune – Liberté éditoriale et responsabilité nationale : Quand certains médias en ligne font fi de toute déontologie

Par Leith LAKHOUA*

La liberté de la presse constitue l’un des fondements essentiels de toute société moderne. Elle implique le droit à la critique, au questionnement et au débat contradictoire. Toutefois, cette liberté s’accompagne nécessairement d’une responsabilité : celle de l’exactitude de l’information, du respect des faits et de la préservation de l’intérêt national. Or, force est de constater que certains journaux tunisiens en ligne semblent aujourd’hui s’éloigner dangereusement de cet équilibre.

Sous prétexte d’une ligne éditoriale assumée et opposée au régime actuel du Président Kaïs Saïed, ces médias adoptent une posture systématiquement hostile à toute action de l’État, y compris lorsque celles-ci peuvent s’avérer bénéfiques pour la stabilité politique, la souveraineté nationale ou l’intérêt général. Cette opposition de principe se traduit non seulement par une sélection orientée de l’information, mais également par l’exclusion de toute analyse ou contribution exprimant un point de vue différent.

L’examen attentif des publications de certains de ces journaux révèle une récurrence préoccupante de titres et de contenus tendant à délégitimer à la fois les institutions de l’État et les choix démocratiques d’une partie significative du peuple tunisien. À titre d’exemple, un article assimile le soutien populaire au Chef de l’État à une forme d’adhésion irrationnelle, voire archaïque. Une telle approche ne se limite pas à critiquer le pouvoir en place; elle remet en cause la maturité politique des citoyens eux-mêmes, en disqualifiant leurs choix pourtant légitimes dans un cadre souverain.

Dans un autre registre, un autre article évoque l’existence supposée d’un accord sécuritaire et militaire entre la Tunisie et l’Algérie, sans s’appuyer sur une quelconque source officielle ou confirmation institutionnelle. En relayant ce type d’allégation, le journal contribue à transformer une rumeur en controverse publique, alimentant ainsi la suspicion et risquant d’altérer les relations entre deux pays voisins unis par des liens historiques et stratégiques profonds.

La reprise quasi mécanique du discours de certains médias étrangers apparaît également dans d’autres articles où l’on évoque l’existence de «prisonniers politiques et d’opinion». Cette terminologie, lourde de sens sur le plan international, est employée sans mise en contexte juridique ni analyse objective des faits. Elle participe à la construction d’un discours accusatoire destiné davantage à porter préjudice au pays qu’à informer honnêtement le lecteur.

Plus préoccupant encore, certains articles accordent une tribune à des intervenants médiatiques connus pour leurs positions ouvertement hostiles à la Tunisie. Ainsi, «Mhamed Krichen s’interroge sur la teneur de l’accord militaire tuniso-algérien», relaie des supputations farfelues fondées sur un accord non publié, voire inexistant, sans le moindre recoupement ou démenti institutionnel. Ce type de traitement de l’information s’éloigne des standards professionnels du journalisme et verse dans la spéculation politique.

La question qui se pose est alors la suivante : quel rôle ces journaux souhaitent-ils réellement jouer ? Celui d’une presse libre et critique au service de la vérité et de l’intérêt public, ou celui d’un acteur politique engagé, diffusant des discours unilatéraux et parfois infondés à destination d’un lectorat national et international ?

À titre personnel, mon expérience avec certains de ces médias illustre cette dérive. Plusieurs articles que j’ai écrits ont été refusés non pour des raisons de forme ou de vérification des sources, mais uniquement parce qu’ils exprimaient une analyse favorable à certaines orientations du Président Kaïs Saïed ou défendaient la Tunisie face aux ingérences étrangères. Plus grave encore, ces contributions ont été écartées sans lecture préalable, révélant une censure idéologique incompatible avec les principes proclamés de pluralisme et de liberté d’expression.

Il est légitime pour un média d’avoir une ligne éditoriale claire. Il est en revanche problématique que cette ligne devienne un filtre excluant toute voix discordante, même lorsqu’elle repose sur des faits vérifiables, une argumentation rationnelle et un souci de l’intérêt national.

La presse tunisienne, en particulier celle qui bénéficie d’une audience internationale, se doit d’être à la hauteur de sa responsabilité historique. Informer avec rigueur, distinguer les faits des opinions, refuser les rumeurs et garantir un véritable pluralisme sont des exigences non négociables. À défaut, le risque est grand de voir certains médias contribuer, volontairement ou non, à la fragilisation de la cohésion nationale et à la dégradation de l’image de la Tunisie à l’étranger.

L.L.

*Consultant en logistique

N.B. : L’opinion émise dans cette tribune n’engage que son auteur. Elle est l’expression d’un point de vue personnel.

Avatar photo
Auteur

La Presse

You cannot copy content of this page