Au fait du jour : Médenine donne l’exemple
La Presse — L’information nous a franchement apostrophés et pour cause. C’est la première fois qu’un gouvernorat annonce qu’il a alloué un budget pour le secteur sportif.
En effet, le gouvernorat de Médenine a alloué 6,45 millions de dinars dans son budget d’investissement 2026 aux secteurs de la jeunesse et du sport.
Une mesure concrète pour renforcer les infrastructures éducatives et récréatives destinées aux jeunes et soutenir le sport amateur dans la région de Médenine. L’enveloppe n’est pas énorme, mais pour un début, elle sera suffisante pour amorcer du concret. A la condition de concevoir des plans évolutifs. Par exemple, la mise en place d’une simple salle avec son dispositif vestiaires et sanitaires. Si on veut des gradins, ce sera pour l’année d’après, mais tout doit être prévu et non se retrouver au devant de la nécessité de refaire des plans et de gâcher de l’argent et du temps.
Si c’est une piscine, ce sera le bassin, la couverture et les vestiaires avec la possibilité de chauffer l’eau en hiver. On pourra l’utiliser durant six à huit mois sans problème, etc. C’est une reconnaissance de l’importance de ces deux secteurs, piliers essentiels du développement global et de leur rôle dans la création d’un environnement sain et solidaire pour la société, notamment dans les zones reculées.
Ces projets devraient avoir un impact positif sur le tissu socioéconomique local en créant des emplois pendant leur mise en œuvre et en attirant des événements et des activités annexes une fois achevés. Parlons de la rentabilité. Des infrastructures qui ne fonctionnent qu’à des heures limitées, de manière administrative, constituent un échec et une perte d’argent. Ces infrastructures doivent absolument être rentables.
Elles doivent tourner toute la journée et une partie de la nuit. Il est impératif qu’elles couvrent leurs frais d’entretien. Elles sont appelées à se convertir pour une utilisation des espaces en fonction des besoins. Le gouvernorat de Médenine en Tunisie comprend un littoral maritime étendu d’environ 400 kilomètres. Cette façade maritime inclut la côte continentale ainsi que le pourtour de l’île de Djerba, qui représente à lui seul un littoral de 150 kilomètres. La zone est caractérisée par le golfe de Boughrara et une topographie côtière variée.
Si, par exemple, on opte pour la construction d’une piscine, on devrait choisir un site au bord de la mer, pour ne pas utiliser de l’eau douce. Un pays comme l’Australie, bastion de la natation mondiale, a implanté la majorité écrasante de ses piscines en bord de mer pour préserver l’eau potable.
On devrait lui octroyer un espace qui pourrait accueillir des gradins amovibles pour des représentations théâtrales ou de séances de cinéma à la belle saison, qui présenteraient des exclusivités mondiales. Avec, bien sûr, des espaces d’animation pour les enfants et les familles. Une possibilité d’associer les ministères du Tourisme et des Affaires culturelles.
N’oublions pas que Djerba fait partie du gouvernorat de Médenine. Des centaines de milliers, sinon des millions de personnes entrent et sortent de ces lieux qui pourraient être capables d’accueillir des événements de classe mondiale et figurer sur les prospectus publicitaires avec des dates annuelles précises. Si l’on choisit de mettre en place une salle couverte, ou des salles de sports de combat, il faudrait avant tout se rapprocher des établissements scolaires, pour qu’ils puissent les solliciter.
Là, c’est le ministère de l’Education nationale qui pourrait être intéressé. Bien des établissements scolaires ont besoin de salles ou de plateaux de travail pour les séances d’éducation physique et sportive.
Côté construction, il faudra choisir des matériaux légers qui ne coûtent pas cher et que les nations les plus nanties utilisent, pour que l’enveloppe couvre le plus d’espaces utiles, au moindre prix. Ces installations devraient être équipées dès le départ de la lumière (photovoltaïque) pour s’en servir nuit et jour. Les ouvrir aux sociétés et administrations pour le sport corporatif et scolaire, est un plus et une ressource qui allège les frais d’entretien.
Ce béton lugubre, et coûteux, n’est plus d’usage dans le monde entier, à part bien entendu les gros bâtiments tels que les stades de football. A Los Angeles, la piscine qui a servi aux JO était amovible et, à la fin des Jeux, on l’a démontée pour l’offrir à une ville qui n’en avait pas. Il est souhaitable que les choix soient faits non pas pour faire plaisir, en dépit de tout bon sens, mais en fonction des besoins de nos divers gouvernorats.
Nous n’en dirons pas plus».