Billet : La Tunisie déterminée à contrer la flambée des prix
La Presse — Les produits de grande consommation continuent de se renchérir, rongeant le pouvoir d’achat. La hausse des prix des produits alimentaires ravive de plus en plus les préoccupations des ménages. Dans les marchés de quartier comme dans les grandes surfaces, les mêmes constats reviennent : les produits alimentaires affichent des prix exorbitants. Pour les foyers à revenus modestes, cette hausse demeure difficile à absorber.
Le pouvoir d’achat des Tunisiens demeure au cœur des préoccupations économiques et sociales du pays. La réalité quotidienne reste marquée par des difficultés persistantes, notamment en raison de la flambée des prix des produits de consommation courante. Les prix des denrées alimentaires traduisent une réalité économique difficile pour une large partie de la population, contrainte d’arbitrer ses achats semaine après semaine. Selon les consommateurs, l’envolée des prix a touché certains légumes de base dans les marchés, le prix des tomates, à titre d’exemple, a atteint 4 dinars le kilogramme, celui du piment dépasse souvent les 5 dinars, des niveaux qui suscitent frustration et incompréhension.
Cette hausse est observée dans un contexte où l’inflation globale en Tunisie reste soutenue : l’indice des prix à la consommation a atteint 5 % au mois de mars 2026, et les prix des produits alimentaires continuent de progresser plus rapidement que ceux des autres catégories de biens. Pour amortir l’érosion du pouvoir d’achat et face à la flambée des prix, l’exécutif a déployé des efforts considérables pour stabiliser les marchés. Les ministères concernés s’emploient à améliorer l’approvisionnement des marchés nationaux pour éviter les ruptures de stocks et limiter les pratiques spéculatives, sachant que de nouvelles productions saisonnières devraient contribuer à atténuer ces fortes hausses et à ramener les prix vers des niveaux plus abordables, notamment avec l’entrée en production des cultures estivales.
Les récents indicateurs de l’INS montrent les prix des produits alimentaires ont augmenté de 6,7 %. Cette hausse s’explique principalement par l’augmentation des prix des fruits (+17,7 %), de la viande d’agneau (+16,3 %), du poisson frais (+14 %) et de la volaille (+12,8 %). En revanche, les prix des huiles alimentaires ont diminué de 10,3%.
Conformément aux instructions du président de la République, les ministères de tutelle ont décidé de renforcer leur dispositif de contrôle et de suivi du marché.
Lors d’une séance plénière à l’Assemblée des représentants du peuple tenue récemment, le ministre du Commerce et du Développement des exportations, Samir Abid, a donné des précisions sur la hausse des prix des légumes, des fruits et des viandes de volaille, ainsi que sur les perturbations observées dans l’approvisionnement de certains produits, indiquant que l’une des principales causes de cette hausse réside dans le retard de reprise de l’activité par certains producteurs après les congés de l’Aïd el-Fitr. Cette situation a perturbé le rythme d’approvisionnement des marchés.
Le ministre n’a pas manqué de rappeler que la période est une phase de « transition entre les saisons », caractérisée par une baisse de la production. L’offre disponible repose essentiellement sur les cultures précoces et les productions issues des serres, ce qui limite les volumes sur le marché.
Le rythme d’approvisionnement devrait revenir à la normale à partir du mois de mai, avec l’amélioration de la production et des conditions climatiques.



