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Economie

Kiosque international

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  • 20 avril 2026
  • 6 min de lecture
Kiosque international

Gazoduc Afrique Atlantique

Un accord clé attendu pour lancer un mégaprojet énergétique

La Presse — Un accord intergouvernemental (IGA) devrait être signé d’ici la fin de l’année pour lancer officiellement le projet du Gazoduc Afrique Atlantique, une infrastructure énergétique majeure destinée à relier les ressources gazières du Nigeria à l’Europe via le Maroc. Estimé à 25 milliards de dollars, ce projet structurant, évoqué depuis près d’une décennie, s’étendra sur environ 6.900 kilomètres, combinant des tronçons offshore et onshore.

Selon « Finances News Hebdo », le gazoduc pourra atteindre une capacité maximale de 30 milliards de mètres cubes par an. Une partie significative de ce volume sera destinée à l’approvisionnement du Maroc, tandis que le reste sera exporté vers le marché européen. La directrice générale de l’Office national des hydrocarbures et des mines (Onhym), Amina Benkhadra, a, dans une déclaration, confirmé ces orientations.

Le projet bénéficie du soutien de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) et a déjà franchi plusieurs étapes décisives, notamment les études de faisabilité et les phases d’ingénierie détaillée (Feed). Après la signature de l’IGA, une autorité de gouvernance sera mise en place au Nigeria afin d’assurer la coordination entre les treize pays concernés.

Parallèlement, une société de projet sera créée au Maroc sous forme de coentreprise entre l’Onhym et la Nigerian National Petroleum Company. Elle sera chargée du financement, de la construction et de la mise en œuvre du gazoduc.

Pensé comme un levier d’intégration régionale, le projet devrait soutenir la production d’électricité, favoriser l’industrialisation et dynamiser plusieurs secteurs, notamment minier. Son développement repose sur une approche modulaire permettant une mise en service progressive. Les premières livraisons de gaz sont attendues à partir de 2031, marquant une étape clé dans la reconfiguration énergétique de l’Afrique de l’Ouest et du corridor euro-africain.

FMI — Droits de Tirage Spéciaux

Une dépendance financière africaine toujours marquée

Les données du Fonds monétaire international arrêtées au 31 mars 2026 révèlent une forte concentration des encours de crédits en Droits de Tirage Spéciaux (DTS) sur le continent africain. Dix pays cumulent à eux seuls plus de 24 milliards de DTS, soit environ 32 milliards de dollars, illustrant des déséquilibres macroéconomiques persistants et des besoins élevés de financement extérieur.

L’Egypte domine largement ce classement avec 7,4 milliards de DTS, loin devant la Côte d’Ivoire (3,6 milliards). Suivent le Kenya, le Ghana et l’Angola, tandis que la liste inclut également la RDC, l’Ethiopie, la Tanzanie, la Zambie et le Cameroun.

Ce classement reflète des situations économiques contrastées. L’Egypte se distingue par l’ampleur de ses besoins de financement et la pression sur ses réserves de change. A l’inverse, la Côte d’Ivoire combine croissance soutenue et recours aux financements multilatéraux pour accompagner ses investissements. Le Ghana et la Zambie, quant à eux, illustrent des trajectoires marquées par des restructurations de dette, avec un appui du FMI pour restaurer leur stabilité macroéconomique.

Les DTS, actifs de réserve internationaux, ne financent pas directement les projets publics. Ils servent principalement à renforcer les réserves de change et à soutenir la balance des paiements. Leur répartition reste toutefois inégale : lors de l’allocation exceptionnelle de 2021, l’Afrique n’a reçu qu’environ 5 % des ressources globales.

Face à ce déséquilibre, des mécanismes de réallocation ont été mis en place, notamment via des instruments comme le Prgt et le RST, permettant de rediriger une partie des ressources vers les pays les plus vulnérables. Au final, ces données confirment le rôle central du FMI en Afrique. A la fois prêteur et catalyseur de réformes, l’institution reste un acteur clé dans la gestion des déséquilibres économiques et des crises de dette sur le continent.

Flambée des engrais en Europe

Un choc énergétique aux répercussions agricoles

La hausse des prix liée aux tensions au Moyen-Orient ne se limite pas aux hydrocarbures. Elle touche également les engrais agricoles, dont les coûts ont bondi d’environ 20 % en un mois en Europe. Réunie le 13 avril 2026, la Commission européenne a tenté d’évaluer l’ampleur de cette nouvelle crise, initialement dans le cadre d’un plan pour des engrais décarbonés.

Le marché des engrais subit de plein fouet les perturbations logistiques, notamment autour du détroit d’Ormuz, par lequel transite une part importante des flux mondiaux. Les blocages observés depuis fin février aggravent une situation déjà fragilisée par la réduction des importations en provenance de Russie depuis la guerre en Ukraine.

Au cœur du problème : la dépendance au gaz naturel. Les engrais azotés, les plus utilisés, sont produits à partir d’ammoniac issu du gaz, qui représente jusqu’à 90 % de leurs coûts de production. Ainsi, toute hausse des prix de l’énergie se répercute mécaniquement sur les engrais. Cette situation met en évidence une vulnérabilité structurelle de l’Europe, qui importe près de 60 % de ses engrais.

A court terme, certains agriculteurs restent protégés grâce à des achats anticipés. Mais à moyen terme, les effets devraient se diffuser aux prix alimentaires, avec un décalage estimé entre six et neuf mois. Un autre déséquilibre inquiétant ; la hausse des coûts n’est pas compensée par les prix des céréales, actuellement contenus par des stocks élevés.

Cette pression pourrait inciter certains agriculteurs à réduire leurs intrants, au risque de peser sur les rendements et d’alimenter une future inflation alimentaire. Face à cette situation, les Etats membres appellent à des mesures d’assouplissement, notamment sur les taxes. La Commission reste prudente, privilégiant une réponse structurelle à travers la relocalisation de la production et le développement d’alternatives plus durables. A plus long terme, c’est l’ensemble du modèle agricole européen qui pourrait être amené à évoluer.

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Auteur

Saoussen BOULEKBACHE

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