La Tunisie figure dans le premier rapport mondial publié par l’UNESCO sur ses sites désignés, un réseau de lieux reconnus pour leur valeur exceptionnelle pour l’humanité, dont l’organisation souligne le rôle déterminant pour la biodiversité et les populations.
Intitulé « Vivre avec la nature dans les sites désignés par l’UNESCO : contributions mondiales et locales », ce rapport examine pour la première fois de manière intégrée plus de 2 260 sites couvrant plus de 13 millions de km².
Les sites désignés par l’UNESCO regroupent des espaces aux approches complémentaires : les sites du patrimoine mondial, reconnus pour leur valeur universelle exceptionnelle, les réserves de biosphère, qui concilient conservation et développement durable, et les géoparcs mondiaux, axés sur la protection du patrimoine géologique et sa valorisation. Ces sites sont gérés de manière à préserver leurs valeurs naturelles, culturelles et scientifiques, tout en soutenant les communautés locales.
Selon l’organisation, ces zones constituent un réseau unique où les populations d’animaux sauvages sont restées globalement stables depuis 1970, alors qu’elles ont chuté de 73 % à l’échelle mondiale. Elles abritent plus de 60 % des espèces recensées et stockent environ 240 gigatonnes de carbone.
Le rapport souligne également leur dimension humaine. Près de 900 millions de personnes vivent dans ces sites, où plus de 1 000 langues sont recensées, tandis qu’environ 10 % du produit intérieur brut mondial y est généré.
Dans ce cadre, la Tunisie apparaît à travers certains de ses espaces naturels intégrés aux inventaires du rapport, notamment le Parc national de l’Ichkeul et la réserve de biosphère de Jebel Bou-Hedma, sans développement spécifique.
L’UNESCO met en garde contre une pression croissante : près de 90 % des sites sont confrontés à un stress environnemental élevé et plus d’un quart pourraient atteindre un point de basculement critique d’ici 2050 sans mesures renforcées.
L’organisation appelle à intensifier les actions, notamment à travers la restauration des écosystèmes, une meilleure intégration de ces sites dans les politiques climatiques et une gouvernance plus inclusive.
Fruit de partenariats avec plus de 20 institutions de recherche à travers le monde, le rapport conclut sur la nécessité d’amplifier ces efforts, en reconnaissant les sites désignés par l’UNESCO non seulement comme des zones de conservation, mais aussi comme des atouts stratégiques pour répondre aux défis environnementaux et sociétaux mondiaux.
En plus du site naturel de l’Ichkeul (1980), la Tunisie compte sept sites culturels inscrits au patrimoine mondial : les médinas de Tunis, de Sousse et de Kairouan, les sites de Carthage, d’El Jem, de Kerkouane et de Dougga, ainsi que l’île de Djerba inscrite en 2023.
À cette liste vient s’ajouter le « Géoparc Dahar, officiellement inscrit le 15 avril 2026 sur la Liste des géoparcs mondiaux de l’UNESCO. S’étendant sur 6 000 km² à travers les gouvernorats de Tataouine, Médenine et Gabès, ce territoire applique une approche participative alliant géotourisme, éducation et développement durable.
Le Géoparc Dahar, qui enregistre 250 millions d’années d’histoire de la Terre et possède une exceptionnelle richesse en fossiles, marque une transition unique entre les plaines méditerranéennes et le désert saharien.



