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Cardoso et Santos limogés par l’EST et le CSS, finalistes de la ligue des champions : Le football leur a rendu justice !

  • 23 avril 2026
  • 4 min de lecture
Cardoso et Santos limogés par l’EST et le CSS,  finalistes de la ligue des champions : Le football leur a rendu justice !

L’EST et le CSS ont licencié les deux Portugais. Sur quelle base, avec quel raisonnement ? Cherchez, il n’y aura pas de réponses sensées et convaincantes.

La Presse —Miguel Cardoso et Alexandre Santos se disputeront le titre de la Ligue des champions africaine cette année. Ce ne sont pas deux personnes étrangères à notre football en étant les ex-entraîneurs de l’EST et du CSS la saison dernière. Et on sait tous comment ils ont fini leurs parcours respectifs. Les deux ont été limogés et ont quitté par la petite porte. Cardoso, qui a permis à une EST, pas garnie en individualités, d’atteindre la finale de la Ligue des champions et de se qualifier au Mondial (avec l’incroyable performance du jeune gardien Memiche avant qu’il ne cale) et était à deux doigts de battre Al Ahly en finale (les deux occasions ratées de Rodrigues et de Sasse entre aller et retour). A la reprise, et comme tout club dans le monde, le passage à vide du début de l’exercice 24-25 n’a pas été digéré par le président de l’EST qui a fini par renvoyer Cardoso après une défaite à Zarzis (son successeur Reghencampf a connu le même sort).

L’autre entraîneur portugais, Alexandre Santos, débarquait au CSS avec une excellente réputation depuis son passage à Petro Luanda qui jouait un grand football. Mercato opéré, moyens mobilisés, mais le CSS a fini par rentrer dans un tourbillon de problèmes liés à l’incarcération de son ex-président Makhloufi et à la succession des mauvais résultats. Tout a bloqué, tout s’est effondré en quelques semaines et Alexandre Santos, dans de telles conditions insupportables, ne pouvait pas faire quoi que ce soit.

Lui aussi a été remercié. Et dans les deux cas, l’EST et le CSS n’avaient guère la patience et la sagesse d’évaluer les choses tranquillement et de voir la qualité des joueurs, leur motivation pour secouer l’équipe à temps. Sous l’emprise des réseaux sociaux et de quelques faux consultants et faux journalistes sportifs qui ont fustigé Santos et Cardoso, les dirigeants ont fini par plier. Quelques mois après, d’autres entraîneurs ont été remerciés comme d’habitude, les mêmes causes produisant les mêmes effets. Ce n’était pas donc une question d’entraîneur; la preuve, les résultats ne se sont pas trop améliorés. Kanzari à l’EST n’a pas réussi à battre Cardoso en Ligue des champions  (quel destin !) et finit lui aussi par être limogé, et le CSS n’a rien gagné depuis le départ de Santos. Le problème est ailleurs, et réside dans la structure fragile et «émotive» qui entoure les clubs tunisiens.

On n’accepte pas les défaites et on veut toujours gagner, chose impossible en football. Le meilleur entraîneur du monde ne peut pas toujours gagner, et chaque club est confronté à des passages à vide. Les joueurs, leur qualité, leur motivation, la chance aussi, le poids des concurrents, que de variables qui interagissent dans la marche d’une équipe. Le plus beau est qu’on continue ici à critiquer Cardoso et Santos même après leurs récentes performances. On le fait par ignorance criarde, par obstination, par connivence avec les dirigeants qui ont limogé à tort ces deux techniciens. On a vu comment Sundowns a embrassé l’esprit défensif global de Cardoso qui a excellé dans la phase défensive, notamment la défense en ligne. On a vu comment l’équipe des FAR a pu éliminer deux grosses cylindrées comme Pyramids, le tenant, et Berkane, le tenant de la dernière coupe de la CAF. Est-ce un hasard ? Jamais. Les deux entraîneurs sont compétents.

Sundowns n’a pas remercié Cardoso après une sévère défaite en finale de la Ligue des champions 2025. Peut-être que l’édition 2026 sera la bonne. Une leçon pour nos clubs et pour nos dirigeants frivoles et qui ne raisonnent jamais à moyen terme. Otages de leur peur des supporters, de leur subjectivité au moment d’évaluer, ils finissent par lâcher des entraîneurs qui réussissent ailleurs et auxquels le destin et le football leur donneront raison plus tard.

Auteur

Rafik EL HERGUEM

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