gradient blue
gradient blue
Economie

Ils ont dit

Avatar photo
  • 7 juin 2026
  • 5 min de lecture
Ils ont dit

Mohamed Salah Ayari, Expert fiscal

«La mise en œuvre de la facturation électronique en Tunisie demeure entourée d’une certaine ambiguïté juridique. Le principal problème réside dans le fait que l’article 53 de la loi de finances 2026 n’a pas été modifié, alors que la circulaire générale publiée par l’administration fiscale a introduit des interprétations et des procédures qui ne figurent pas dans le texte législatif initial.

Or, une circulaire n’a de caractère contraignant que pour l’administration fiscale et ne peut pas créer de nouvelles obligations à la charge des entreprises sans fondement légal explicite. Cette divergence entre la loi et la circulaire a créé une situation de flou juridique et d’attentisme pour les entreprises, qui ne savent pas précisément quelles dispositions leur sont opposables.

Dans ces conditions, le système de facturation électronique n’a pas pu être lancé effectivement. Par ailleurs, la Commission des finances et du budget avait décidé de reporter l’application de l’article 53 et d’en suspendre les effets à partir du 1er janvier 2026, tout en renvoyant la fixation d’une nouvelle date d’entrée en vigueur à un futur texte législatif.

Toutefois, cette démarche n’a pas abouti à une modification définitive du texte en séance plénière. C’est pourquoi il est aujourd’hui probable que l’entrée en vigueur de la facturation électronique soit repoussée à 2027, avec une mise en œuvre progressive qui devrait être consacrée de manière plus explicite dans la prochaine loi de finances».

Mongia Amara, Membre du bureau exécutif de la Conect

«Nous avons entamé les consultations relatives à l’élaboration de la Stratégie nationale du commerce électronique 2027-2031, un processus qui réunit, durant trois jours, l’ensemble des parties prenantes concernées, notamment les acteurs des secteurs public et privé, les organisations nationales, la société civile ainsi que des partenaires internationaux.

Cette démarche bénéficie de l’appui technique et institutionnel de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement et du soutien du Secrétariat d’État à l’économie de la Suisse. L’objectif est de définir les priorités qui permettront d’accélérer le développement du commerce électronique en Tunisie, à travers le renforcement de la confiance dans les transactions numériques, l’amélioration du cadre réglementaire, la protection des consommateurs, la facilitation des paiements électroniques, ainsi que le développement des services logistiques et de livraison.

Nous souhaitons également créer un environnement plus favorable aux PME afin qu’elles puissent mieux exploiter les opportunités offertes par l’économie numérique. Malgré les avancées enregistrées, le commerce électronique continue de faire face à plusieurs défis, notamment un déficit de confiance lié à certains cas de fraude et à un cadre réglementaire qui nécessite encore des améliorations.

La modernisation de la logistique constitue également un enjeu majeur pour soutenir la croissance du secteur. À travers sa participation à ces consultations, la Conect réaffirme son engagement à contribuer à l’élaboration de politiques publiques favorisant l’économie numérique, afin de renforcer la compétitivité des entreprises tunisiennes et de les accompagner dans les transformations économiques et technologiques en cours».

Yasser Gourari, Député de la circonscription du Kef à l’ARP

«L’ambassadeur de Chine en Tunisie a effectué une visite dans le gouvernorat du Kef, accompagné d’une délégation de la société chinoise Jetty Technology afin d’examiner les opportunités d’investissement offertes par la région. Les responsables de l’entreprise ont manifesté un intérêt réel pour l’extension de leurs activités industrielles à travers la création d’une nouvelle filiale qui pourrait générer progressivement jusqu’à 6.200 emplois.

Ils mènent actuellement une étude approfondie en vue d’une éventuelle implantation au Kef. Toutefois, la concrétisation de ce projet est conditionnée par la mise à disposition d’une zone industrielle de 10 hectares répondant aux exigences de l’entreprise en matière d’infrastructures, de transport, de protection civile et de services douaniers. Les autorités concernées ont exprimé leur engagement à réunir les conditions nécessaires à la réussite de cet investissement.

Dans ce cadre, la délégation a visité les zones industrielles d’Oued Er-Ramel et de M’hamid afin d’évaluer leur capacité à accueillir le projet. Néanmoins, la décision finale reste liée à l’approbation du conseil d’administration de l’entreprise.

Nous poursuivons, avec l’ensemble des parties prenantes régionales, les efforts visant à attirer cet investissement en raison de son potentiel important en matière de création d’emplois et de développement économique pour la région. Les députés du Kef continueront également à suivre ce dossier et à coordonner leurs actions avec les ministères et les structures concernées dans l’éventualité d’une décision officielle d’implantation».

Avatar photo
Auteur

Saoussen BOULEKBACHE

You cannot copy content of this page