Natation – Démissions au sein de la FTN : Bonne et mauvaise chose

La Presse — Ainsi donc, la présidente, le vice-président et le trésorier de la FTN ont fini par jeter l’éponge. Une lettre a été publiée pour expliquer les raisons de cette démission (en tout cas, le mot explicite démission n’a pas été prononcé). Nous ne savons pas ce qu’il en est du reste des membres de cette fédération. Mais nous allons finir par croire qu’elle est maudite. Et bénie.
En effet, avec quelques bassins, des responsables fédéraux qui changent à une vitesse vertigineuse, des problèmes à n’en plus finir, la natation fournit au sport national des champions du monde et des champions olympiques. Et c’est la raison pour laquelle nous pensons que cette démission est aussi bonne que mauvaise. Voici un extrait des raisons évoquées :
« -Ayoub Hafnaoui a perdu confiance en la Fédération, les fonds d’Ahmed Jaouadi ont été saisis sous de fallacieux prétextes et restent introuvables à ce jour.
-Toute correspondance entre la Fédération tunisienne et la Fédération internationale de natation (Fina) a été interrompue et des archives relatives à la gestion de la Fédération ont disparu.
-Nous avons découvert plusieurs fichiers sensibles visant à discréditer les nageurs de haut niveau, les incitant à fuir et à demander la naturalisation. Ces fichiers ont été créés par un employé de la Fédération ayant déjà fait l’objet d’une sanction disciplinaire de la part de l’autorité de tutelle.
-Malgré les menaces et le harcèlement, nous avons eu le courage de déférer devant la commission de discipline et la justice tous ceux qui avaient nui à la natation et à notre cher pays.
-Nous sommes aujourd’hui contraints, avec regret, de restituer cette responsabilité à ses véritables propriétaires suite au harcèlement et aux menaces que nous subissons quotidiennement de la part de ceux qui ont commis ces erreurs et dont nous avons porté les affaires devant la justice ».
Mais il y a une justice dans ce pays. Avec toutes ces « découvertes et accusations », l’autorité de tutelle ne peut pas ne pas réagir. Au besoin, on aurait pu s’adresser ailleurs et la présidente de la FTN est bien outillée pour pouvoir enfin crever cet abcès qui perdure depuis des années. Nous avons toujours dénoncé dans ces mêmes colonnes la profonde léthargie qui bloque tout dans cette fédération. Personne ne connaît les raisons de ce blocage qui entrave la bonne marche d’une discipline sportive qui, dans des pays qui accordent aux sports d’élite une priorité absolue, aurait été immédiatement résolu.
« Nous ne pouvons construire tant que des individus corrompus circulent librement au sein du ministère », a-t-on lu. Qui sont ces « individus » ? Il aurait fallu les citer pour obliger les responsables à lever le voile et aller au fond des choses. Et c’est la raison pour laquelle partir est une mauvaise idée. Et cela dessert les intérêts de la natation qui avait besoin d’hommes et de femmes courageux pour dénoncer ces manquements au devoir. C’est la première fois que des « dossiers » sont présentés à la justice. Il fallait attendre stoïquement les décisions et cela aurait été un service incommensurable pour ce sport livré à lui-même.
Maintenant, que va faire le ministère des Sports face à ces départs ? Va-t-il encore une fois désigner un bureau provisoire ou demander aux membres restants de continuer la gestion en attendant la convocation d’une assemblée générale ? En tout état de cause, ce qui nous inquiète le plus, ce sont les vautours qui attendent haut perchés, observent et qui sauteront sans doute sur l’occasion pour fondre sur leurs proies.





