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Électricité solaire : 600 MW de nouveaux projets pour renforcer le mix énergétique tunisien

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  • 28 avril 2026
  • 4 min de lecture
Électricité solaire : 600 MW de nouveaux projets pour renforcer le mix énergétique tunisien

Le ministre de l’Économie et de la Planification, Samir Abdelhafidh, a affirmé, lors de la séance plénière consacrée à l’examen des projets de lois relatifs aux accords de concession pour la production d’électricité à partir de l’énergie photovoltaïque, que ces accords s’inscrivent dans un choix économique et stratégique visant à soutenir la transition énergétique et à renforcer la souveraineté nationale à travers la sécurité énergétique.

Il a écarté toute lecture politique du dossier ou lien avec des changements gouvernementaux, en référence à la récente décision présidentielle de mettre fin aux fonctions de la ministre de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie, Fatma Thabet Chiboub, soulignant que ce dossier demeure strictement économique et de développement.

Concernant l’investissement étranger, le ministre a rappelé que la Tunisie reste ouverte aux capitaux étrangers, dans le respect de sa souveraineté et de sa législation. Il a indiqué que plus de 4 000 entreprises étrangères opèrent actuellement dans le pays dans divers secteurs, conformément aux règles tunisiennes en matière d’emploi, de change et de fiscalité.

Il a mis en avant le potentiel du secteur des énergies renouvelables, considéré comme un levier majeur d’attractivité pour les investisseurs tunisiens et étrangers. Ce secteur contribue à la production d’électricité, à l’amélioration de la compétitivité économique et à la réduction de l’empreinte carbone des produits tunisiens, notamment sur les marchés européens.

Selon les chiffres présentés, la part des énergies renouvelables en Tunisie a atteint environ 9 % en 2025, contre 3 à 4 % il y a quatre ans. Malgré cette progression, le ministre a estimé que le rythme reste insuffisant au regard des objectifs nationaux, qui nécessitent environ 3 900 mégawatts supplémentaires pour atteindre 35 % d’énergies renouvelables à l’horizon 2030.

Il a précisé que les cinq projets actuellement soumis, représentant près de 600 mégawatts, constituent une étape importante mais insuffisante à elle seule, appelant à accélérer les investissements dans un contexte de forte concurrence internationale.

Le ministre s’est également appuyé sur des données de l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (2025), indiquant que la

Tunisie, avec une capacité de 1,21 gigawatt, demeure en retard par rapport à plusieurs pays de la région, ce qui impose, selon lui, l’accélération des réformes et le renforcement de la confiance des investisseurs.

Répondant aux interrogations sur la souveraineté nationale, il a assuré que l’ouverture aux investisseurs étrangers dans le secteur énergétique ne remet pas en cause la souveraineté, dès lors que les projets sont encadrés par la loi tunisienne. Il a rappelé que le mécanisme des concessions est une pratique internationale permettant de garantir la rentabilité des investissements à long terme, notamment dans les projets à forte intensité capitalistique.

Par ailleurs, il a insisté sur la nécessité de réduire la charge des subventions énergétiques, rappelant que leur coût a atteint 7,1 milliards de dinars en 2025, dont 3,89 milliards consacrés à l’électricité.

De son côté, le secrétaire d’État chargé de la transition énergétique, Wael Chouchen, a indiqué que la Tunisie est entrée dans une phase de mise en œuvre concrète de sa transition énergétique. Il a précisé que plusieurs projets déjà réalisés ont permis de réduire les coûts de production de l’électricité au profit de la Société tunisienne de l’électricité et du gaz.

Ces projets devraient permettre une baisse estimée à 300 millions de dinars par an des coûts de production, ainsi qu’une contribution de plus de 7 % au mix électrique national. Ils devraient également porter la part des énergies renouvelables de 9 % actuellement à environ 16 % d’ici fin 2027.

Le secrétaire d’État a ajouté que les projets sont prêts à être lancés, avec un démarrage prévu en 2026 et une mise en service avant fin 2027, estimant qu’ils marqueront une transformation structurelle du système électrique tunisien. Il a également évoqué la possibilité, à moyen terme, de faire évoluer la Tunisie d’un pays importateur d’énergie vers un acteur plus autonome, voire exportateur.

Enfin, il a souligné que ces projets sont régis par la loi n°12 de 2015 relative à la production d’électricité à partir des énergies renouvelables et soumis à l’approbation parlementaire, tout en reconnaissant certaines difficultés liées à la disponibilité du foncier, notamment pour les terrains privés.

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Auteur

La Presse

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