Mali – Le ministre de la Défense assassiné : Violents affrontements autour du palais

Le Mali traverse une escalade sécuritaire majeure après l’annonce par les autorités locales de la mort du ministre de la Défense, le général Sadio Camara, tué lors d’une attaque menée par des hommes armés affiliés à Al-Qaïda contre son domicile près de la capitale Bamako, alors que des informations contradictoires circulent sur une possible prise de contrôle du palais présidentiel par les assaillants.
Selon l’AFP, Camara a été tué avec plusieurs membres de sa famille dans une attaque à la voiture piégée visant sa résidence située au sein de la base militaire de la localité de Kati, une explosion qui a presque entièrement détruit le bâtiment.
Mouvements près du palais présidentiel
L’assassinat de Camara survient alors que de violents affrontements se poursuivent pour le deuxième jour à Kati et autour de Bamako ; des habitants ont rapporté entendre des tirs continus, malgré l’annonce de l’armée affirmant avoir repris le contrôle de la situation, selon la même agence. Ces événements s’accompagnent de rapports faisant état de mouvements militaires près du palais présidentiel et de tentatives pour en prendre le contrôle, tandis que des groupes armés se déploient largement dans les rues.
L’armée malienne avait annoncé vendredi avoir repoussé des attaques coordonnées menées par des combattants affiliés à Al-Qaïda contre Bamako et quatre autres villes, affirmant avoir éliminé des centaines d’assaillants.
Aucune statistique officielle n’a encore été publiée par le gouvernement, mais son porte-parole, le général Issa Koulibaly, a indiqué dimanche que 16 personnes avaient été blessées, parmi lesquelles des civils et des militaires. Le gouverneur de Bamako a également décrété un couvre-feu nocturne de trois jours, de 21h à 6h, heure locale.
Dans ce contexte de tension, l’ambassade des États-Unis au Mali a appelé ses ressortissants à rester sur place ; les ambassades britannique et allemande ont publié des avertissements similaires, tandis que l’aéroport de Bamako a été fermé et plusieurs vols annulés ou reportés.
Condamnations internationales
Sur le plan international, le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a condamné les “actes de violence” au Mali et appelé à une réponse internationale coordonnée ; l’Union africaine a également dénoncé les attaques, avertissant de leur danger pour les civils et pour la stabilité de toute la région.
En septembre 2025, Al-Qaïda avait imposé un blocus sur les importations de carburant au Mali, et ses combattants avaient attaqué des citernes de fuel escortées par l’armée dans le sud et l’ouest du pays.
Le gouvernement malien dirigé par Assimi Goïta exerce le pouvoir depuis deux coups d’État survenus en 2020 et 2021, avec la promesse de rétablir la sécurité, mais il continue de faire face à d’importants défis pour y parvenir.





