L’expert économique Ridha Chkoundali a tiré la sonnette d’alarme ce vendredi 1er mai 2026 concernant les effets secondaires de la nouvelle législation sur les moyens de paiement. Selon lui, le durcissement du cadre légal entourant le chèque et la sévérité des sanctions associées ont provoqué un effet inverse à celui escompté, favorisant une explosion de la circulation monétaire physique au détriment des circuits bancaires formels.
Intervenant à la radio, l’économiste a expliqué que de nombreux commerçants et citoyens préfèrent désormais s’affranchir de l’usage du chèque pour se tourner massivement vers le paiement en espèces. Ce phénomène a été amplifié par la suppression du plafond de transaction qui était auparavant fixé à 5 000 dinars, libérant ainsi les échanges en liquide.
Cette tendance au « tout cash » engendre une fuite massive de la liquidité hors des coffres des banques, celle-ci circulant désormais directement sur le marché parallèle ou informel. Chkoundali a souligné également que cette dynamique s’est intensifiée avec l’entrée en vigueur des nouvelles dispositions sur la facturation électronique introduites par la Loi de Finances 2026, perçues comme une contrainte supplémentaire par les agents économiques.
Face à cette situation qui fragilise le secteur bancaire et l’encadrement des flux financiers, l’expert exhorte le parlement à intervenir rapidement. Il préconise une révision profonde de la loi sur les chèques ainsi que de celle relative à la facturation électronique, tout en plaidant pour la suppression définitive du plafonnement de la circulation fiduciaire afin de stabiliser l’économie nationale.
