Le transport public face aux défis 2/2 : Mais qu’est-ce qui bloque ?
Depuis plusieurs mois, les nouveaux bus en provenance de Chine affluent par centaines. La réception de chaque lot est marquée par des manifestations de joie et de soulagement grâce à une couverture médiatique bien orchestrée (TV, réseaux sociaux, posts personnels, etc.). En somme, toute une campagne aux allures de propagande. Cela n’est pas sans susciter de grands espoirs et des attentes auprès des Tunisiens.
La Presse —En effet, c’est par dizaines de véhicules et en une seule fois que toutes les sociétés régionales de transport ainsi que la Sntri ont été servies (bus standards, bus articulés, minibus). Du jamais vu, assurent les agents de ces sociétés et les usagers.
Remettre de l’ordre dans la maison
Plusieurs livraisons ont permis de réceptionner, jusqu’à présent, plus de 400 véhicules. Une autre commande de 461 nouveaux bus sera confirmée, nous dit-on, à la fin de cette année.
Une fois l’euphorie passée, il faut faire face aux vrais problèmes qui ont mobilisé toutes les mesures évoquées. N’est-il pas temps de faire un premier bilan de l’impact éventuel de l’injection d’un certain nombre de bus dans le circuit ?
Y a-t-il eu des retombées sur la qualité des services octroyés ?
La réponse ne sera, évidemment, pas la même pour toutes les sociétés.
Les véritables enjeux se trouvent au niveau de la Transtu qui n’est pas parvenue à se débarrasser de beaucoup de vieilles habitudes. Lesquelles habitudes continuent de handicaper l’action de l’entreprise et, par voie de conséquence, d’empoisonner le quotidien des utilisateurs qui se comptent par centaines de milliers par jour.
Cet état des choses a été porté à la connaissance du grand public grâce à des reportages tv et aux différents autres médias et réseaux sur la Toile.
Les citoyens sont unanimes à déclarer que pratiquement rien n’a évolué. Pis encore sur plusieurs destinations, et pas des moindres, la situation a empiré.
La Télévision nationale s’est faite, à plusieurs reprises, l’écho des plaintes continuelles des clients de la Transtu (de très longues heures d’attente injustifiée, fréquences irrégulières, non rétablissement de nombreuses lignes supprimées, surcharge des bus et des métros, absence de coordination entre les agents et les responsables…).
Jusqu’à présent, les usagers ne parviennent pas à comprendre ce qui se passe à la Transtu.
Ils se demandent si, vraiment, il y a un pilote dans l’avion, s’il y a de vrais responsables capables de réagir immédiatement et efficacement pour trouver les réponses adéquates à chaque problématique.
Ceci nous pousse à nous interroger sur l’efficacité des équipes et des responsables en place.
Existe-t-il une coordination entre les différentes équipes (chefs de gare, chefs de station, chefs de districts) ou chacun se débrouille à sa façon ?
Y a-t-il des briefings ou des réunions périodiques pour évaluer le rendement du secteur ?
Les faits semblent aller dans le mauvais sens. Car l’écoute de la clientèle n’est plus une préoccupation. Pourtant, cette dernière a bien des choses à apprendre aux esponsables. S’il n’y a pas de moyens d’être à son écoute qu’on rétablisse les bonnes vieilles méthodes d’antan. A savoir les boîtes de réclamations dans les gares et les stations.
Se pencher sur le présent
Tant et tant de questions méritent des réponses qui ne viennent pas.
Loin de nous, toutefois, la prétention d’apprendre aux responsables du secteur du transport leur métier.
Au lieu de nous ressasser à longueur de temps de vagues promesses concernant l’acquisition future de dizaines de rames de métro neuves et de nouveaux wagons pour la ligne TGM, il y aurait mieux à faire : se pencher sur le présent. Ce présent catastrophique. Il y a eu beaucoup trop de promesses qui, malheureusement, n’ont pas été honorées. Et on ne s’est même pas excusé auprès des utilisateurs pour cette défaillance ni même fourni des explications convaincantes pour justifier ces manquements.
D’ailleurs, où sont ces promesses officielles et fermes faites depuis 2025 concernant la garantie de services plus respectueux des clients avec des fréquences moyennes… ne dépassant pas la quinzaine de minutes pour les bus et les métros. Et, où sont les véhicules à réparer (bus et métro) et à remettre en service ?
Franchement, les habitués du transport public ont vite fait de déchanter car les dates butoirs pour réaliser ces projets ont été largement dépassées. Nous n’allons pas rappeler ces dates. Elles sont connues par la Transtu et les officiels du secteur du transport.
Aussi demanderait-on aux différents responsables de ne plus faire de promesses et annoncer des échéances qu’ils ne peuvent pas tenir et dont ils n’ont aucune certitude.
C’est pourquoi il vaudrait mieux tabler sur les données actuelles et sur les potentialités existantes avant de s’aventurer, aveuglément, dans des supputations dont ils ne tiennent ni les tenants ni les aboutissants.