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Sport

Les Académies de football au crible Nejmeddine Oumaya : « Les objectifs sont déviés »

  • 4 mai 2026
  • 3 min de lecture
Les Académies de football au crible Nejmeddine Oumaya :  « Les objectifs sont déviés »

L’ancien membre de la DTN, entraîneur et directeur technique au CAB, commente et évalue l’expérience de ce phénomène qui envahit le football tunisien

La Presse— On pensait avoir trouvé la solution pour pallier la disparition progressive des terrains vagues qui permettaient aux jeunes des quartiers  de déployer leur énergie dans le sport et particulièrement le football. En effet, on a offert l’occasion aux clubs et donné l’autorisation à d’anciens joueurs, à des enseignants d’EPS et à des entraîneurs d’encadrer les jeunes dans des académies de football. «La direction technique nationale a fixé des objectifs clairs, entre 1990 et 2000. On a constaté qu’il y avait de moins en moins de terrains vagues dans les quartiers et qui sont enclins de disparaître carrément. On a alors jugé qu’il était temps de se tourner vers une structure bien encadrée pour accueillir des jeunes qui désiraient apprendre à jouer au football dès le jeune âge, comme c’est le cas partout dans le monde», nous informe Nejmeddine Oumaya, ancien membre à la DTN et ex-directeur technique au CAB. Et de poursuivre : «Grâce au centre de formation des jeunes, la Tunisie a remporté une médaille d’or des moins de 21 ans lors des Jeux méditerranéens en 2001. En 2004, les séniors de la génération de Karim Hagui ont gagné la Coupe d’Afrique. La DTN, du temps de Hamouda Ben Ammar, Khaled Sancho, etc. avait des objectifs bien clairs et bien fixés».

Une source d’argent plus que d’apprentissage…

Aujourd’hui, on a l’impression, voire la certitude, qu’il y a eu une déviation au niveau des objectifs selon notre interlocuteur. «Au départ, on cherchait à améliorer le sens de la créativité. Seulement, avec l’appât du gain facile, les choses ont dérapé et les parents voient en leurs enfants non pas un projet de footballeur mais plutôt un projet d’argent! C’est dommage, mais c’est partout pareil même au niveau des clubs qui souffrent  du manque de ressources financières. Ça arrange tout le monde comme ça, mais ce n’est pas sérieux malheureusement».

À Bizerte, on dénombre une trentaine d’académies, toutes payantes. Au CAB, on paie 50dt par mois et ça peut aller jusqu’à 100 dt à Tunis. Et il est courant qu’un jeune se trouve inscrit dans deux académies à la fois, suivant notre source. Malgré cette multiplication de ces structures, il est rare de découvrir un joueur, dans notre championnat, qui émerge du lot par son talent. N’est-ce pas étonnant ? Nejmeddine Oumaya explique ce paradoxe par «la non-application des cahiers des charges et l’interventionnisme des parents qui désirent coûte que coûte porter leurs enfants vers le haut niveau par ambition excessive et déplacée. En outre, l’encadrement est généralement défaillant et l’inspection fait défaut. Désormais, on voit en l’académie une source de rentrée d’argent plutôt qu’une école d’initiation aux ABC du football, une structure où on apprend, sur des bases solides, le sport-roi ». Quand on connaît la facilité avec laquelle on obtient des diplômes d’entraîneurs formateurs, il n’est pas surprenant de constater que notre football va à reculons.

Devant cette pénurie de talents locaux, dans notre championnat,  le recours à des binationaux pour résoudre le problème de l’Equipe nationale est devenu la solution…

Auteur

Bechir SIFAOUI

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