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Société

Hadj 2026 : Les Tunisiens bien lotis !

  • 5 mai 2026
  • 4 min de lecture
Hadj 2026 : Les Tunisiens bien lotis !

Les problèmes que pose l’achat du mouton pour l’Aïd ne doivent en aucun cas nous faire oublier que bien des familles tunisiennes seront mobilisées pour mettre leurs pèlerins aux Lieux Saints dans les meilleures conditions pour l’accomplissement de ce rite, auquel se soumet tout croyant au moins une fois dans sa vie. S’il en a les moyens.

La Presse — Et bien sûr, à la veille de chaque préparation de la délégation tunisienne qui se rendra aux Lieux Saints, les discussions vont bon train pour tout ce qui concerne les coûts et les frais.

Ce n’est plus l’époque où avec moins de dix mille dinars, tout pouvait être fait dans les meilleures conditions.

L’impact dans  la répartition du budget entre les vols, l’hébergement et les services sur les Lieux Saints ont considérablement augmenté. Ce n’est plus l’époque où on pouvait faire emplette dans des magasins qui vendait tout à un rial. La nourriture, les déplacements, les fanfreluches, les encens, les tissus, tout a grimpé à une vitesse vertigineuse.

Et attention, les derniers événements politiques ont énormément influé sur tout. Même sur le  kérosène pour les avions.  Bien des pays, inquiets, ont rogné sur leurs programmes  pour économiser en vue de ce déplacement incontournable.  

L’impact de l’inflation mondiale et des fluctuations des taux de change a également mis à mal les calculs et estimations effectués pour le pèlerinage. La répartition du budget entre les vols, l’hébergement et les services sur les Lieux Saints changent tous les jours, obéissant de manière inévitable à des conditions politiques incertaines, pour ne pas dire menaçantes. Au point de rendre ce rite difficile à accomplir. En dépit de toutes les tentatives de  réduire les frais pour éviter de surcharger les coûts, les prix ont dépassé les vingt-cinq mille dinars (coût et frais personnels). Cela a été l’objet de bien des discussions et l’organisme qui orchestre ce déplacement s’est entortillé dans tous les sens pour faire au mieux.

Il était intéressant de voir ce qui se passe au niveau d’un certain nombre de pays qui se chargent de préparer leurs délégations. Et nous avons constaté que les Tunisiens sont assez bien lotis :

Prix moyens des forfaits Hadj pour La Mecque au départ des pays arabes (en milliers de dollars).

Données sur les coûts (par ordre décroissant)

* Qatar : 9,3 * Koweït : 7,1 * Émirats arabes unis : 6,5

* Libye : 6,5 * Maroc : 6,4 * Bahreïn : 6,3

* Égypte : 6,1 * Algérie : 5,9 * Oman : 5,9

* Tunisie : 5,3 * Liban : 5,2 * Soudan : 4,7

* Palestine : 4,3 * Jordanie : 4,1

* Irak : 4 * Yémen : 3,4

Le nombre de pèlerins est soumis à un système de quotas (un pèlerin pour mille habitants). Des accords entre les ministères du Hadj des pays arabes et l’Arabie saoudite contribuent à l’organisation de programmes de « Hadj économique » ou de « Hadj par loterie » afin de réduire les coûts pour les pèlerins à faibles revenus.

La plus grande partie du coût du Hadj est généralement consacrée à l’hébergement (hôtels près de la Grande Mosquée à La Mecque et de la Mosquée du Prophète à Médine) et aux billets d’avion, auxquels s’ajoutent les frais de service obligatoires, notamment la nourriture et les transports sur les Lieux Saints.  

Les pays connaissant l’inflation ou une dévaluation de leur monnaie (comme l’Égypte, le Liban et le Soudan) subissent une forte hausse des coûts réels, car la plupart des services sont facturés en riyals saoudiens ou en dollars américains.

L’Arabie saoudite a lancé la plateforme numérique « Nusuk » afin d’unifier les procédures de réservation, permettant ainsi aux pèlerins de nombreux pays de réserver directement leurs forfaits. Cela a permis de réduire le rôle des intermédiaires et de mieux contrôler les prix.

Mais il faudrait avouer que ces départs à l’aventure sont toujours porteurs de mauvaises surprises. Et en dépit de tout ce qu’on pourrait reprocher aux organisateurs de délégations, le pèlerin est mieux suivi, encadré et bénéficie de toutes les commodités (accompagnement, services médicaux, hébergement, transports, etc.) pour accomplir son rite dans les meilleures conditions.

Les pèlerins tunisiens ont toujours bénéficié de lieux d’hébergement proches à La Mecque ou à Médine et les accidents ou incidents sont souvent le fait de ceux qui dérogent aux instructions données par les accompagnateurs.

Haj mabrour et dhanb maghfour !

Auteur

Kamel GHATTAS

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