Nouvelle escalade à Ormuz : Washington lance le «Projet liberté» pour rouvrir la navigation dans le détroit
Le Commandement central américain (Centcom) a affirmé que le déploiement lié à cette opération comprend plus de 100 avions, des moyens navals et terrestres, ainsi qu’environ 15 000 soldats, précisant qu’il s’agit d’une mission défensive visant à protéger la sécurité régionale et l’économie mondiale. Il a également annoncé le lancement de l’initiative «Cadre de liberté maritime». L’armée américaine a coulé six embarcations iraniennes dans le détroit d’Ormuz.
En dépit de la trêve fragile en vigueur entre Washington et Téhéran depuis le 8 avril, les tensions dans la région ont franchi un nouveau palier après l’annonce par le président américain Donald Trump du lancement de l’opération « Projet Liberté » visant à rouvrir la navigation dans le détroit d’Ormuz. Cette initiative s’accompagne d’un important déploiement militaire et d’avertissements iraniens, tandis que les efforts diplomatiques s’enlisent et les répercussions de la crise s’aggravent sur les marchés mondiaux de l’énergie.
Par ailleurs, l’armée américaine a coulé six embarcations iraniennes dans le détroit d’Ormuz, a déclaré hier Brad Cooper, chef du Commandement central américain.
Déploiement militaire sans précédent
Donald Trump a annoncé sur sa plateforme « Truth Social » que les États-Unis lanceront à partir de lundi (hier) le « Projet Liberté », visant à « libérer les navires » bloqués dans le détroit d’Ormuz. Il a présenté cette opération comme une initiative humanitaire destinée à aider les pays non impliqués dans le conflit, affirmant que Washington assurera « l’escorte et la sortie sécurisée des navires », tout en avertissant qu’il réagira fermement à toute tentative d’entrave.
De son côté, le Commandement central américain (Centcom) a indiqué que le déploiement lié à cette opération comprend plus de 100 avions, des moyens navals et terrestres, ainsi qu’environ 15 000 soldats, précisant qu’il s’agit d’une mission défensive visant à protéger la sécurité régionale et l’économie mondiale.
Il a également annoncé le lancement de l’initiative « Cadre de liberté maritime », destinée à renforcer le partage de renseignements avec les partenaires internationaux. Par contre, Téhéran a affirmé que ses forces sont responsables de la sécurité du détroit d’Ormuz et que tout passage doit être coordonné avec elles, avertissant que « toute force étrangère, en particulier américaine, sera ciblée si elle s’approche du détroit ».
Le président de la commission de la sécurité nationale du Parlement iranien a également estimé que toute intervention américaine constituera une « violation du cessez-le-feu ».
Blocage et conséquences économiques
L’Autorité britannique des opérations maritimes commerciales a mis en garde contre le fait que le niveau de menace dans le détroit demeure « critique » en raison des opérations militaires en cours, soulignant les risques liés aux mines et à la forte densité du trafic maritime.
L’Iran impose depuis le début de la guerre des restrictions strictes à la navigation dans le détroit, entraînant une perturbation du commerce et l’immobilisation de centaines de navires, tandis que Washington maintient son blocus maritime des ports iraniens.
Le Centcom a affirmé avoir redirigé 49 navires afin de faire respecter le blocus, et le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, a déclaré que les sanctions « restreignent l’économie iranienne ».
Sur les marchés, les prix du pétrole ont chuté de plus de 2 % après l’annonce par Donald Trump du « Projet Liberté » visant à « libérer les navires » bloqués dans le détroit d’Ormuz, mais ils restent élevés en raison des tensions persistantes.
Entre escalade et optimisme prudent
La médiation pakistanaise se poursuit. Téhéran a annoncé qu’il étudie la réponse américaine à sa proposition en 14 points. Par ailleurs, Donald Trump a qualifié la proposition iranienne d’« inacceptable », tandis que des médias indiquent que Washington avait présenté une version révisée d’un éventuel accord, en insistant sur l’inclusion du dossier nucléaire.
Le ministère pakistanais des Affaires étrangères a confirmé un échange téléphonique entre le ministre Mohammad Ishaq Dar et son homologue iranien Abbas Araghchi concernant l’évolution de la médiation, soulignant que le dialogue demeure « la seule voie vers une paix et une stabilité durables ».
Des journaux américains, dont The New York Times et The Washington Post, estiment que l’initiative de Donald Trump visant à libérer les navires bloqués dans le détroit d’Ormuz marque un tournant dans l’approche de Washington, et pourrait comporter des risques d’escalade en cas d’incident ou de confrontation directe.
Le site Axios considère également que cette opération constitue un test de la capacité des États-Unis à rouvrir le détroit sans basculer dans une confrontation militaire à grande échelle.
(Synthèse de médias)



