« La Cave d’Al Hafsia » premier roman de l’écrivain et journaliste Mohamed Amine Ben Hlel : Entre réalisme magique et vérité sociale
Le genre littéraire, il le revendique comme hybride, à la croisée du réalisme magique et du thriller, pour raconter les trajectoires d’êtres privés de justice de leur vivant et qui reviennent, depuis l’au-delà, en réclamer les fragments, prêtant ainsi, à travers eux, sa voix à ceux que le système a broyés.
La Presse —Pensé depuis quelques année et muri en cours de route, l’écrivain et journaliste Mohamed Amine Ben Hlel fait son entrée dans le monde de l’édition avec son premier roman, «Kabou Al Hafsia» (La Cave d’Al Hafsia). Paru aux éditions Cérès, l’opus a été dévoilé, le 3 mai, lors d’une première présentation à la Foire internationale du livre de Tunis. Une prochaine signature du livre est prévue ce vendredi, à la Librairie Al Kitab à Mutuelleville. L’auteur a entamé son roman (écrit en arabe littéraire), avant la pandémie du Covid-19, lui donnant progressivement corps au gré d’effusions d’écriture, d’hésitations, de ratures et autres pages maculées. «Entre-temps, je lisais beaucoup de livres et regardais des films pour nourrir mon imaginaire. Une fois «terminé», je l’ai adressé à Cérès, qui l’a aimé puis affiné pour aboutir à cette version définitive», nous confie-t-il. Pour lui, l’écriture tient lieu de respiration, en plus de lui permettre d’exprimer des questions restées en suspens et de prêter voix à ceux dont les histoires demeurent sans récit.
C’est un individu bien particulier, un marginal qui a inspiré «La Cave d’Al Hafsia» : «On se retrouvait tous les jours au café, une demi-heure. Autour de la table, des profils très différents : un avocat, un médecin, un retraité… et puis ce type un peu à part, qu’on sentait spécial. Il avait des comportements en marge de la loi, mais il était apprécié de tous. Il n’avait pourtant pas besoin d’argent, car de famille aisée, mais il avait choisi une autre voie», raconte Mohamed Amine. Le récit prend place à Al Hafsia, notamment dans une salle de boxe ayant réellement existé, ancrant ainsi la fiction dans un territoire familier et chargé de mémoire. À partir de ce cadre, l’auteur explore des thématiques majeures : l’amour, la justice, la notion du mérite et de l’excellence. Quant au genre littéraire, il le revendique comme hybride, à la croisée du réalisme magique et du thriller, pour raconter les trajectoires d’êtres privés de justice de leur vivant et qui reviennent, depuis l’au-delà, en réclamer les fragments, prêtant ainsi, à travers eux, sa voix à ceux que le système a broyés. Les 145 pages du roman s’articulent autour d’un personnage central, Saïd Radhi, un homme à l’existence désordonnée qui décide, un jour, d’en changer radicalement. C’est précisément ce basculement qui le conduit, presque par hasard, à croiser la route de trois fantômes— dont chacun a connu une fin tragique—, venus lui confier leurs histoires.
À ne pas manquer la prochaine séance de signature le 8 mai, à partir de 17h30, à la Librairie Al Kitab à Mutuelleville.
