La docteure Mouna Jerbi, professeure agrégée en néphrologie et membre de la Société tunisienne de néphrologie, de dialyse et de transplantation rénale, tire la sonnette d’alarme sur l’importance du dépistage précoce.
Elle préconise un examen annuel systématique pour les personnes souffrant de pathologies chroniques, les femmes enceintes, les patients immunodéprimés ainsi que les personnes en situation d’obésité afin de détecter toute atteinte rénale avant qu’elle ne devienne irréversible.
Dans une déclaration accordée à l’agence Tunis Afrique Presse, la spécialiste souligne que l’insuffisance rénale est une maladie silencieuse. À ses débuts, elle ne présente aucun symptôme apparent, ce qui conduit souvent à un diagnostic tardif, à un stade où le recours à la dialyse ou à la transplantation devient l’unique issue thérapeutique. Pour contrer ce phénomène, elle encourage vivement les élèves, les étudiants et les nouveaux salariés à effectuer un test urinaire dès leur intégration au sein de leurs établissements respectifs. Elle précise qu’une détection précoce permet d’éviter des protocoles lourds grâce à des traitements médicamenteux efficaces dès les premières phases de la maladie.
La Tunisie, pionnière de la dialyse à domicile Concernant la prise en charge actuelle dans le pays, la docteure Jerbi explique que la dialyse se décline en deux méthodes distinctes. Si la technique classique par appareil s’effectue dans les hôpitaux ou les centres de dialyse, la Tunisie se distingue au niveau nord-africain par la maîtrise d’une technologie plus avancée : la dialyse péritonéale. Cette méthode permet au patient d’effectuer son traitement à domicile, à raison de huit heures par nuit durant son sommeil.
Ce dispositif innovant est particulièrement bénéfique pour les personnes âgées ou les patients ayant des obligations quotidiennes, leur évitant ainsi les contraintes de déplacements fréquents vers les structures hospitalières. La spécialiste rappelle enfin que cette technique de pointe est intégralement prise en charge par la Caisse Nationale d’Assurance Maladie (CNAM), garantissant ainsi un accès équitable aux soins pour les patients concernés.



