gradient blue
gradient blue
Société

Transport public : Bien des choses à reprendre en main

  • 11 mai 2026
  • 4 min de lecture
Transport public : Bien des choses à reprendre en main

Une scène aussi surprenante que regrettable nous a interpellés du côté de la grande avenue qui relie l’Ariana à El Manazah. Un convoi mortuaire roulait paisiblement pour conduire à sa dernière demeure un citoyen décédé. Et voilà qu’un taxi collectif double à toute allure toute la file de voitures qui suivait. Le conducteur, bras ballant à l’extéarieur, tenait tranquillement une cigarette à la main!

La Presse — Si c’était une ambulance, une voiture de la Police, un camion de la Protection civile, on aurait compris l’urgence et personne n’aurait trouvé quelque chose à redire. Mais un taxi collectif, cela est, pour le moins qu’on puisse dire, choquant.

Pour l’histoire, nous avons vécu l’époque où le conducteur du bus ou du trolley bus, au passage d’un cortège funèbre, arrêtait le moteur et descendait du véhicule pour se mettre au garde à vous. Il laissait passer tout le cortège avant de reprendre la route !  Passons.

Soulever pour la énième fois cette plaie ouverte que représentent ces taxis collectifs serait inutile. On ne veut pas s’en occuper et en les laissant faire, ils continuent à faire la loi. Les accidents se multiplient et avec l’arrivée de la saison estivale, des parcours seront certainement à éviter. Tels que celui de Raoued plage, La Marsa, La Goulette ou Le Kram, etc.

Mais cette indiscipline de comportement ne se limite pas à ces agissements et à ces conducteurs de tombeaux mobiles. Les conducteurs de taxis individuels ou ceux des bus ne sont pas en reste. Personne ne leur a rappelé qu’un pays qui reçoit onze millions de visiteurs et qui ambitionne d’en accueillir davantage est dans l’obligation de soigner l’accueil. Le sourire, les choix vestimentaires, le comportement dans ces véhicules de transport public et bien d’autres choses encore sont importants.

Barbes en bataille, cheveux ébouriffés, vêtements froissés et aux couleurs criardes, chaussures dégoûtantes et pleines de boue, cigarette à la main, langage peu approprié, voix haute et sans commune mesure avec l’endroit ou l’âge du vis-à-vis etc, ne sont plus des exceptions.

A croire que ces conducteurs qui tiennent en main la vie de leurs voyageurs ne sont soumis à aucune discipline et qu’ils savent qu’ils ne sont pas contrôlés.

Ceux qui s’empressent de faire valoir leurs droits aux réclamations sont-ils sensibilisés à cette image qu’un pays comme le nôtre est obligé de présenter en toute autre image privilégiée parmi tant d’autres. Donner une image resplendissante que le visiteur ou le citoyen tunisien retiendra et qui de toutes les manières constitue un comportement normal d’une personne qui se respecte tout en respectant les usages.

Il faudrait aller voir de quelle manière se comportent ces conducteurs dans les gares routières. Le langage qu’ils utilisent et les hurlements qu’ils poussent pour reprocher à un voyageur d’être monté dans un bus par une porte inappropriée.

Un scandale et un flot de reproches à glacer le sang.

Cela nuit à l’image du pays, alors que la modernité de la Tunisie est reconnue et que l’on choisit justement pour cette modernité et pour ses choix sociaux. Les touristes étrangers ou locaux notent tout et filment pour garder des souvenirs de ces barbes hirsutes et ces hurlements répréhensibles.     

Il est impensable que tout cela soit impossible de reprendre en main. Les responsables du ministère des Transports,  en collaboration avec les associations de taxis et de transport relevant des gouvernorats et des municipalités, sont en mesure d’imposer une règle de conduite et d’exiger, faute d’uniforme, une tenue vestimentaire présentable, propre et  acceptable.

Sans oublier la propreté et l’hygiène à respecter à l’intérieur des véhicules. En effet, les bus relevant des sociétés de transport sont assez bien tenus. Ce n’est pas le cas des taxis individuels ou collectifs.

La nouvelle saison touristique est sur le point d’être lancée et les responsables à tous les niveaux devraient se bouger pour que ces règles soient respectées. Non pas seulement à l’occasion  des saisons de mobilisation, mais de manière automatique. Il y va de l’image de nos traditions culturelles et religieuses, d’une civilisation qui a érigé la propreté en ligne de conduite depuis des millénaires.

Il n’y a, pour s’en convaincre, qu’à visiter les vestiges de nos ancêtres de Carthage à Dougga, de Thuburbo Majus à Kairouan, les bains et les salles d’ablutions sont partout.

Auteur

Kamel GHATTAS

You cannot copy content of this page