Culture : L’élixir biologique qui ralentit le vieillissement de 4 %
Lire, chanter, peindre ou visiter des musées pourrait être associé à un vieillissement plus lent. Une étude menée au Royaume-Uni auprès de plus de 3 500 adultes établit un lien entre la participation régulière à des activités culturelles et des marqueurs biologiques liés à l’âge.
Des chercheurs de University College London ont observé une association entre la pratique régulière d’activités artistiques et culturelles et un ralentissement du vieillissement biologique. Les résultats de cette étude ont été publiés en mai 2026 dans la revue scientifique Innovation in Aging.
Les travaux reposent sur l’analyse des données de 3 556 adultes britanniques participant à la « UK Household Longitudinal Study », une enquête nationale consacrée aux conditions de vie et à la santé au Royaume-Uni. Les chercheurs ont comparé les habitudes culturelles des participants avec plusieurs indicateurs biologiques du vieillissement mesurés à partir d’analyses sanguines.
L’étude prend en compte différentes activités culturelles, parmi lesquelles la lecture, l’écoute de musique, le chant, la peinture, la photographie, les activités manuelles ainsi que les visites de musées, de galeries ou de sites historiques.
Pour évaluer le vieillissement biologique, les scientifiques ont utilisé des « horloges épigénétiques », des outils capables d’analyser certaines modifications chimiques de l’ADN appelées méthylations. Ces marqueurs sont utilisés dans la recherche pour estimer le rythme du vieillissement cellulaire.
Selon les résultats, les personnes déclarant participer à des activités artistiques au moins une fois par semaine présentaient un rythme de vieillissement biologique environ 4 % plus lent que celles qui y participaient rarement. Certaines analyses montraient également un âge biologique inférieur d’environ un an en moyenne.
Les chercheurs indiquent que l’ampleur de cette association est comparable à celle observée dans des études portant sur la pratique régulière d’une activité physique. Les effets apparaissaient plus marqués chez les adultes âgés de plus de 40 ans et chez les personnes impliquées dans plusieurs formes d’activités culturelles.
Les auteurs soulignent toutefois que cette étude reste observationnelle. Les résultats mettent en évidence une corrélation statistique, sans permettre d’établir un lien de causalité direct entre les pratiques culturelles et le ralentissement du vieillissement. Même après prise en compte de facteurs comme le revenu, le niveau d’éducation, le tabagisme ou l’indice de masse corporelle, d’autres variables liées au mode de vie peuvent influencer les résultats.
Depuis plusieurs années, les recherches sur les effets des activités culturelles se multiplient, notamment dans les domaines de la santé mentale, du stress et du bien-être. Cette étude figure parmi les premières à explorer leur lien potentiel avec des marqueurs biologiques du vieillissement.



