La propreté des villes demeure une préoccupation majeure, intriguant aussi bien concitoyens que parties concernées.
Elle l’est en raison d’un conflit implicite qui perdure entre les pro-propreté et esthétique urbaine (soit les citoyens mus par la cause environnementale et la corrélation espace public sain / vie saine) d’une part, et ceux qui produisent et normalisent avec la saleté, d’autre part.
Un véritable bras de fer que celui de pencher la balance vers le positif, surtout que considérer l’espace public comme une déchèterie est devenu la norme pour bon nombre de personnes.
La Presse — Intervenant dans ce contexte récurrent, les municipalités se trouvent souvent entre l’enclume et le marteau ! D’un côté, elles se doivent de maîtriser la situation en débarrassant l’espace urbain des ordures de différentes natures ; des ordures qui reprennent ispo facto, comme dans un cercle vicieux…De l’autre, elles mobilisent des ressources de taille, notamment des ressources matérielles et humaines pour réussir la mission. Certes, cet engagement ne concerne pas toutes les mairies. Néanmoins, il motive bon nombre d’entre elles, paysage urbain en témoin.
Parmi les municipalités actives dans ce sens figure celle de La Soukra. Il s’agit d’un travail à la chaîne qui compte aussi bien l’enlèvement des ordures ménagères, des déchets de bâtiments et des gravats, des déchets végétaux mais aussi la lutte contre les moustiques et la gestion des situations exceptionnellement polluantes, dues à des évènements.
Pas besoin de conteneurs, le porte-à-porte suffit !
La collecte des ordures ménagères obéit à deux critères, à savoir la ponctualité des particuliers et l’engagement des commerçants. Pour le secteur résidentiel, l’enlèvement des ordures se fait ou bien au porte-à-porte, ou encore à travers les conteneurs ou des unités-poubelles. Selon Mme Lobna Sfaihi, directrice chargée de la propreté et de l’environnement à la municipalité de la Soukra, les habitants se montrent plus coopérants quant à la ponctualité dans la sortie des poubelles.
Cette attitude encourage les responsables à réduire le nombre des conteneurs, lesquels exigent toute une maintenance. «Les conteneurs exigent un nettoyage régulier afin d’éviter la prolifération des microbes, des mauvaises odeurs et la persistance du lixiviat. Ils finissent par contenir toute sorte de déchets, ce qui n’arrange pas les choses. Or, du moment où l’approche du porte-à-porte réussit, nous n’aurions plus besoin de placer des conteneurs qui risquent de devenir des sources de saleté», explique Mme Sfaihi.
Conventions entre les restaurateurs et la municipalité
Les déchets organiques sont aussi enlevés auprès des restaurants, des salons de thé et des commerces de fast-food. Pour éviter que des quantités importantes de déchets organiques n’affectent le paysage urbain, la municipalité de La Soukra établit, infailliblement, des conventions de partenariat avec lesdits commerçants. L’objectif étant de garantir l’enlèvement des ordures selon un accord préétabli et payant.
«C’est que la majorité desdits commerces sont implantés sur les avenues principales, qui jouent le rôle de vitrine de la ville. Aussi, est-il évident de préserver leur propreté et leur esthétique contre toute offense. D’ailleurs, nous suivons de près l’implantation de nouveaux commerces afin d’orienter les propriétaires vers l’engagement avec la municipalité», indique la responsable. Et d’ajouter que pour les autres commerces produisant des déchets non organiques spécifiques, des conventions avec des sociétés privées spécialisées dans la collecte desdits déchets s’imposent.
Déchets de construction : la loi est désormais appliquée !
Par ailleurs, les déchets de construction mobilisent tant de ressources humaines et autres matérielles. Les équipes ont réussi à éradiquer quelque 340 zones noires. «Nous avions loué des équipements complémentaires à notre arsenal, notamment des trucks, des poids lourds, etc. Et afin de préserver la propreté de ces zones, un contrôle rigoureux est assuré régulièrement», souligne-t-elle.
Elle ne cache pas sa satisfaction de voir, enfin, les lois dissuasives et pénalisantes, mises en application. Il faut savoir, en effet, que toute personne qui se hasarde à jeter des déchets de construction dans des terrains ou dans la rue encourt une amende de mille dinars et la confiscation de son engin.
Déchets verts : la coopération des particuliers est requise
Si la gestion des déchets organiques et de construction semble être aisée, ce n’est pas le cas des déchets verts ! Aussi paradoxal que cela puisse paraître, ces déchets sont produits en énormes quantités dans la ville de La Soukra en raison de l’abondance des jardins résidentiels et des espaces verts.
«Nous avons publié un communiqué appelant les habitants de la ville à coopérer avec la municipalité pour enlever les déchets verts, en vain ! A vrai dire, la population qui a répondu favorablement à l’appel ne correspond même pas à 10% de la population de la Soukra.
Pourtant, nous avons, poursuit Mme Sfaihi, acquis un broyeur des déchets verts. Nous avons aussi établi un plan de compostage et de valorisation de ces déchets». Jeter les déchets de jardinage aux coins des rues entraîne la surexploitation des moyens de la municipalité. «Nous avions pris en flagrant délit des sociétés de gestion des déchets verts qui, après les avoir enlevés, les ont déversés au premier coin de rue ! De telles infractions sont à pénaliser. Mais il reste difficile de repérer les petits jardiniers réfractaires…», renchérit-elle.
Certes, suite aux efforts fournis par la partie concernée, une sensible amélioration du comportement des habitants se fait observer. C’est du moins ce qu’estime la responsable de la propreté de la ville et de l’environnement. Néanmoins, beaucoup reste à faire en matière de sensibilisation, de contrôle mais aussi de pénalisation des réfractaires pour que la situation environnementale dans les villes dénote un civisme confirmé.



