Aucun film issu du monde arabe ne figure en compétition officielle pour la Palme d’or, confirmant une tendance déjà installée: le cinéma arabe reste présent, mais de manière limitée et surtout dispersée entre les différentes sections du festival.
La Presse — Le Festival de Cannes 2026 est marqué d’emblée par une absence notable du cinéma arabe dans ses sections les plus prestigieuses. Aucun film issu du monde arabe ne figure en compétition officielle pour la Palme d’or, confirmant une tendance déjà installée: le cinéma arabe reste présent, mais de manière limitée et surtout dispersée entre les différentes sections du festival.
Dans la section officielle « Un Certain Regard », on retrouve quelques œuvres portées par des cinéastes arabes, notamment « La Más Dulce » de la réalisatrice marocaine Laïla Marrakchi, qui poursuit un travail centré sur des récits intimes et sociaux ancrés dans le quotidien.
Cette présence confirme la régularité du Maroc à Cannes, même si elle reste cantonnée aux sections secondaires.
On y trouve également « Yesterday the Eye Didn’t Sleep » du réalisateur palestinien Rakan Mayasi, inscrit dans une dynamique de coproductions internationales, caractéristique d’un cinéma palestinien souvent produit entre plusieurs pays et réseaux de financement.
Le cinéma tunisien est lui aussi absent cette année des grandes sections du festival, après avoir connu une présence remarquée lors des éditions précédentes. Cette absence contraste avec une dynamique récente qui laissait entrevoir une meilleure visibilité. Cependant, la Tunisie apparaît dans la section La Cinef, consacrée aux films d’écoles de cinéma, à travers le court métrage « Somewhere I Belong », réalisé par Youssef Handousse de l’Isamm (Institut supérieur des arts multimédias de La Manouba).
Dans l’ensemble, la présence du cinéma arabe à Cannes 2026 apparaît fragmentée : absente de la compétition officielle, concentrée dans « Un Certain Regard », et présente de manière ponctuelle dans les sections parallèles. Dans ces espaces, quelques films de jeunes cinéastes arabes viennent, au fil des années, compléter cette visibilité limitée, confirmant une dynamique d’émergence dans ces sections : la Quinzaine des Cinéastes, où figure, cette année, seulement un court métrage, « À la recherche de l’oiseau gris aux rayures vertes » du Franco-Marocain Saïd Hamich Benlarbi, et la Semaine de la Critique, où l’on compte trois longs métrages en coproductions internationales : « The Station » de Sara Ishaq » (Yémen), « À quoi rêvent les Maknines » de Sarra Ryma (Algérie) et « Nafron » de Daood Alabdullaa (Syrie).
Cette 79e édition met ainsi en évidence une réalité contrastée: le cinéma arabe existe dans la sélection officielle du Festival de Cannes, mais sa présence reste réduite, dispersée et encore en marge de la compétition officielle. Du côté des sections parallèles, s’il se fait de plus en plus rare dans la Quinzaine des Cinéastes, il demeure en revanche plus présent dans la Semaine de la Critique, qui lui offre davantage d’espace et de visibilité au sein du festival.



