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Société

Climat : La Tunisie ambitionne de réduire son intensité carbone de 62 % d’ici 2035

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  • 20 mai 2026
  • 4 min de lecture
Climat : La Tunisie ambitionne de réduire son intensité carbone de 62 % d’ici 2035

La Tunisie ambitionne de réduire l’intensité carbone de son économie de 46,4 % d’ici 2030, puis de 62 % à l’horizon 2035, par rapport à l’année de référence 2010.

Ces nouveaux objectifs figurent dans la troisième version de la « Contribution Déterminée au Niveau National » de la Tunisie (CDN 3.0), présentée la semaine dernière aux différents acteurs de l’action climatique dans le pays.Cette nouvelle feuille de route, soumise au secrétariat de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) depuis septembre 2025, s’inscrit dans la continuité des engagements pris par la Tunisie lors de sa première CDN en 2015, puis de sa version actualisée en 2021

.La CDN 3.0 marque ainsi une étape cruciale visant à accélérer la décarbonation de l’économie tunisienne, à aligner le pays sur la trajectoire de la neutralité carbone à l’horizon 2050, et à renforcer sa résilience face aux dérèglements climatiques. Elle reflète également la volonté des autorités de mener une politique climatique ambitieuse, transparente, juste et inclusive.

Pour rappel, la Tunisie s’était engagée dans ses précédentes contributions à réduire son intensité carbone de 41 % dans la version de 2015, un objectif qui avait été revu à la hausse pour atteindre 45 % à l’horizon 2030 dans la mise à jour de 2021.

Ces nouveaux seuils témoignent donc d’un relèvement significatif de l’ambition climatique nationale.Des objectifs inconditionnels à la hausse et une baisse nette des émissionsLe rapport souligne une augmentation de la part des objectifs inconditionnels (financés par les propres moyens de l’État) dans l’effort global de réduction de l’intensité carbone, celle-ci devant passer de 27 % en 2030 à 31 % en 2035.

Par ailleurs, pour la première fois, cette troisième version prévoit une baisse nette des émissions de gaz à effet de serre (GES), estimée à 34 % en 2035 par rapport à 2010. Selon le document officiel, cette orientation confirme « la volonté de la Tunisie de renforcer son ambition climatique et de parvenir à un découplage absolu et durable entre la croissance économique et l’évolution des émissions de gaz à effet de serre ».

Dans ce contexte, les émissions de gaz à effet de serre par habitant devraient chuter à 1,77 tonne équivalent $CO_2$ en 2035, contre 2,55 tonnes en 2010, soit une baisse globale de 31 %.

Transition énergétique : Un besoin de financement de 25 milliards de dollarsLe relèvement des objectifs d’atténuation repose principalement sur l’accélération de la transition énergétique, à travers le renforcement des politiques d’efficacité énergétique et le déploiement massif des énergies renouvelables pour la production d’électricité.

Le gouvernement tunisien avait d’ailleurs adopté en 2023 une stratégie énergétique visant à porter la part des énergies renouvelables à au moins 50 % du mix électrique national d’ici la fin de l’année 2035.Selon la même source, la mise en œuvre du volet atténuation de cette CDN 3.0 nécessitera un investissement d’environ 25 milliards de dollars sur la période 2026-2035, ce qui représente 47 % des besoins financiers totaux de cette stratégie climatique globale.

Ces fonds seront orientés vers le soutien aux actions de réduction des émissions dans plusieurs secteurs polluants, notamment l’énergie, la gestion des déchets solides et liquides, les procédés industriels, ainsi que les activités liées à l’agriculture, à la foresterie et à l’affectation des terres.

C’est toutefois le secteur de l’énergie qui captera la part du lion de ces investissements, représentant à lui seul 87 % des besoins du volet atténuation.Le scénario énergétique retenu dans cette troisième version repose sur l’accélération de la transition énergétique et l’atteinte de la neutralité carbone d’ici 2050, notamment grâce au renforcement de l’efficacité énergétique, à l’expansion massive des énergies propres et au développement d’infrastructures énergétiques durables.

Dans ce cadre, les émissions de gaz à effet de serre du secteur de l’énergie devraient passer de 30,7 millions de tonnes équivalent CO2 en 2010 à 22,6 millions de tonnes en 2035, soit un recul estimé à environ 26 %. 

 

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Auteur

La Presse

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