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Société

Noyades : 28 décès en deux mois

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  • 20 mai 2026
  • 4 min de lecture
Noyades : 28 décès en deux mois

Le bilan est lourd et alarmant. Le lieutenant-colonel Khalil Meshri, chef de la sous-direction des opérations et du suivi à la direction des opérations de la Protection civile, a fait état de 28 décès par noyade en l’espace de deux mois seulement. Dans le détail, 19 décès ont été enregistrés durant le mois d’avril dernier, et 9 autres depuis le 1er mai jusqu’à ce jour. Des chiffres qualifiés de « particulièrement élevés et inédits » par rapport à la même période les années précédentes.

Intervenant à la radio, le lieutenant-colonel Meshri a précisé que la majorité des victimes sont des jeunes, notamment des lycéens et des étudiants. Ces derniers se rendent massivement sur les plages pour se divertir et faire la fête entre amis, souvent juste après avoir passé le « Bac Sport » ou les examens officiels.

Un appel urgent à la vigilance : « La mer est actuellement dangereuse »

Face à cette situation, le responsable a lancé un avertissement ferme et direct aux citoyens :

« La mer n’est pas sûre pour la baignade en ce moment, et le danger est bien réel car les plages ne sont pas encore prêtes. La mer cache actuellement des courants marins violents et des fosses profondes. Toute tentative de s’aventurer au large épuisera rapidement l’énergie du baigneur et mènera à la noyade, d’autant plus que les secours ne pourront pas intervenir avec la rapidité requise en cette période pré-saisonnière. »

Concernant les préparatifs de la Protection civile pour le pic de la saison estivale, le lieutenant-colonel a indiqué que l’objectif est de sécuriser l’ensemble des plages tunisiennes d’ici la fin du mois de juillet. Pour y parvenir, la mobilisation de 2 000 à 2 300 maîtres-nageurs sauveteurs sera nécessaire.

Recrutement et organisation : un dispositif conjoint

Évoquant le système de recrutement et de formation, Khalil Meshri a expliqué que les candidats doivent déposer leurs dossiers auprès des municipalités territorialement compétentes. La Protection civile se charge ensuite de faire passer les tests d’aptitude. Les candidats retenus suivent alors une formation intensive d’une semaine avant de prendre officiellement leurs fonctions.

Sur le plan financier et de la gestion, le dispositif est conjoint : les municipalités s’occupent du recrutement et du versement des salaires via des budgets alloués, tandis que la Protection civile assure la supervision technique, la répartition sur les plages et le suivi quotidien.

La prime mensuelle portée à 1 000 dinars pour contrer la pénurie

Le lieutenant-colonel Khalil Meshri a profité de son passage radiophonique pour annoncer une exclusivité financière : le doublement de la prime accordée aux maîtres-nageurs sauveteurs, qui atteindra désormais près de 1 000 dinars brut par mois.

Cette mesure incitative vise à contrer le désintérêt croissant des jeunes pour ce travail. Ce manque d’engouement s’explique par la coïncidence du début de la saison de surveillance avec la période des examens, mais aussi par la longueur des journées de travail, qui s’étendent quotidiennement de 8h00 ou 9h00 du matin (selon les plages) jusqu’à 18h00.

Enfin, face aux inquiétudes concernant le manque de concentration de certains sauveteurs – parfois tentés par des emplois secondaires dans les restaurants ou cafés de plage –, le responsable s’est voulu rassurant. Il a martelé que les maîtres-nageurs opèrent sous le contrôle direct de la Protection civile. Des agents de la protection sont déployés en permanence sur les plages en tant que superviseurs, et des inspections périodiques et inopinées sont menées par les directions régionales et centrales pour garantir une discipline totale et préserver des vies humaines. 

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Auteur

La Presse

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