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Sport

Projet de sociétés à objet sportif : Pour qu’il n’y ait pas de confusion

  • 20 mai 2026
  • 4 min de lecture
Projet de sociétés à objet sportif : Pour qu’il n’y ait pas de confusion

La Presse — La création de Sociétés à Objet Sportif en Tunisie n’est pas clairement définie. En effet, si nous prenons l’exemple français qui a été le premier dans le monde et qui s’est avéré à l’usage comme un des meilleurs (il a été d’ailleurs adopté par presque tous les pays européens et a donné jusque-là des résultats probants à tous les niveaux), le législateur a pris la précaution de protéger le club qui voudrait se convertir en SOS ou SAOS. Imaginez qu’un club centenaire ou plus se trouve, au terme d’une mauvaise gouvernance, obligé d’être déclaré en faillite. Doit- il disparaître ou se réengager en club amateur au bas de l’échelle?

Pour éviter cette alternative, le législateur a prévu un moyen de protection qui implique deux actions à prendre. La première porte sur la création d’une société formée de personnes ayant un projet sportif (c’est la base) et désirant investir dans ce domaine.

La seconde engage le club qui se rapproche de cette société et apporte son nom, son infrastructure, ses couleurs, son public comme participation au capital de la future Société à Objet Sportif. L’engagement entre les deux parties est à durée déterminée de dix à quinze ans renouvelables. Le club est nanti de cinquante et un pour cent du capital de cette société. Un pourcentage qui lui permet de bloquer n’importe quelle décision qui pourrait mettre en danger son existence d’abord, l’accord conclu ensuite. Le club ne doit en aucun cas devenir l’otage de cette société. Nous remarquons jusque-là que les intérêts du club sportif, en tant que tel, sont préservés.

Attirer les investisseurs

La SOS créée par l’intermédiaire de la société qui s’est rapprochée du club gère, organise et réinvestit les bénéfices dans le capital de la société. Si l’on choisit de distribuer des dividendes, la SOS devient une Société Anonyme à Objet Sportif, mais le plus souvent c’est le premier choix qui est privilégié avec un accord entre les deux parties pour réinvestir ces bénéfices dans des projets de nature à consolider les ressources propres de cette SAOS. En vertu de quel capital et que possèdent-ils comme biens en dehors de leur notoriété de leur prestige de leur nom? A notre connaissance, actuellement, tous les clubs exploitent des infrastructures municipales. Les boutiques qu’ils exploitent ne sauraient constituer un bien assez conséquent pour former un capital. Il nous semble de ce fait que l’on doit commencer par choisir le genre de société à adopter ou d’accepter les deux alternatives, de concevoir une réglementation assez pertinente, claire, opérationnelle, fonctionnelle et assez incitative pour attirer les investisseurs. Aucun investisseur par exemple n’acceptera que les rencontres se déroulent devant le seul public de l’équipe qui reçoit. Sans oublier le droit d’animer les alentours des stades pour en faire des moyens de ressources et mettre un terme à cette ambiance morne et lugubre que vivent tous nos stades. L’Etat, à notre sens, doit aider par l’octroi de terrains pour la réalisation d’une infrastructure de base comme c’est le cas en Égypte où tous les clubs possèdent leur «club» avec salles de sport, restaurant, lieux de loisirs pour les familles des abonnés, magasins, salles de projections, manèges, etc, en plus des stades de compétitions qui sont loués à des prix étudiés, mais entretenus par les clubs. Les municipalités contribuent par des subventions de fonctionnement pour encourager ceux qui défendent les couleurs de leurs villes et par les interventions lourdes qui impliquent de grosses dépenses comme par exemple l’agrandissement des gradins, la réfection des vestiaires et des blocs sanitaires, du tableau lumineux, etc.

Nous n’en sommes pas encore là et cela fera bientôt cinq ans ou plus que l’on débat ce sujet lancinant qui bloque l’émancipation de nos clubs, pour ne pas dire de notre sport.

Auteur

Kamel GHATTAS

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