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Des coupoles de Chamakhi aux vignobles de Meysari : escapade au cœur d’un Azerbaïdjan méconnu

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  • 22 mai 2026
  • 5 min de lecture
Des coupoles de Chamakhi aux vignobles de Meysari : escapade au cœur d’un Azerbaïdjan méconnu

Dans le cadre du 13e World Urban Forum (WUF13) organisé à Bakou à Azerbaïdjan sous l’égide d’ONU-Habitat, des représentants de médias internationaux ont été conviés à une immersion au cœur de l’une des régions les plus historiques d’Azerbaïdjan : Chamakhi.

Organisée conjointement par l’Agence de développement des médias et la société opérationnelle “WUF13 Azerbaijan”, cette tournée de presse a offert bien plus qu’un simple parcours touristique. Elle a dévoilé une autre facette du pays, où patrimoine millénaire, traditions artisanales et développement durable cohabitent dans un même paysage.

À travers la visite de la mosquée Juma, du complexe viticole Meysari, du restaurant Abqora et du village historique de Demirchi, les visiteurs ont découvert un territoire où l’histoire continue de vivre dans les pierres, les métiers ancestraux et les saveurs locales.

La mosquée Juma de Chamakhi, mémoire spirituelle du Caucase

Première étape du voyage : la majestueuse Jummah Mosque, considérée comme l’un des plus anciens lieux de culte musulmans du Caucase et la plus ancienne mosquée d’Azerbaïdjan.

Construite en 743 sous les premiers gouverneurs arabes de la région, la mosquée est souvent présentée comme la deuxième plus ancienne du Caucase après celle de Derbent.

Au fil des siècles, le monument a survécu aux invasions, aux conflits et surtout aux violents tremblements de terre qui ont marqué l’histoire de Chamakhi. Détruite puis reconstruite à plusieurs reprises, notamment après les séismes du XIXe siècle et celui de 1902, elle demeure aujourd’hui l’un des symboles architecturaux et spirituels du pays.

L’édifice impressionne autant par son histoire que par son atmosphère. Sous la lumière traversant les coupoles restaurées, le silence du lieu contraste avec l’agitation des grandes métropoles modernes. Les motifs ornementaux, les arches et les vastes espaces de prière rappellent la profondeur historique d’une ville qui fut autrefois capitale du royaume des Shirvanshahs.

Plusieurs visiteurs étrangers ont été frappés par l’équilibre entre restauration moderne et préservation du caractère originel du monument, récemment réhabilité dans le respect de son architecture historique.

Abqora et Meysari : la renaissance du vin azerbaïdjanais

À quelques kilomètres de la mosquée, le décor change radicalement. Les collines verdoyantes de Chamakhi abritent aujourd’hui l’un des projets viticoles les plus ambitieux du pays : Shirvan Wines Llc et le complexe Abqora Restaurant & Wine Club.

Situé au pied du Caucase, le domaine Meysari est devenu en quelques années une référence du vin biologique en Azerbaïdjan. Fondée en 2014, l’exploitation est la première du pays à avoir obtenu une certification biologique européenne “Ecocert”.

Les vignobles s’étendent aujourd’hui sur plus de 160 hectares, entre 750 et 850 mètres d’altitude, dans une région réputée pour son climat tempéré et ses sols favorables à la viticulture.

Au-delà du vin, l’expérience Meysari raconte aussi une volonté de réhabiliter les traditions agricoles locales à travers des méthodes respectueuses de l’environnement. Ici, les raisins sont récoltés à la main, sans pesticides ni irrigation artificielle, avant d’être transformés grâce à des équipements de technologie française.

Le déjeuner servi au restaurant Abqora prolonge cette immersion sensorielle. Cuisine traditionnelle revisitée, produits locaux, vins biologiques et vue panoramique sur les vignobles composent une expérience où gastronomie et territoire se répondent naturellement.

Pour plusieurs journalistes étrangers présents, cette halte a révélé un Azerbaïdjan moins connu, loin des clichés pétroliers, où émergent de nouvelles formes de tourisme associant terroir, nature et patrimoine culturel.

Demirchi, le village où survit la mémoire des forgerons

La tournée s’est achevée dans le village de Dəmirçi, niché dans les montagnes de Chamakhi et réputé pour ses traditions ancestrales liées au travail du métal.

Le nom même du village signifie “forgeron” en azéri. Selon les récits historiques locaux, cette localité, dont les origines remontent au XVe siècle, était autrefois connue sous le nom de Guneychay avant d’être renommée en raison du développement de l’artisanat du fer.

Dans les ruelles étroites bordées de maisons en pierre, le temps semble ralentir. Certains ateliers perpétuent encore les techniques artisanales héritées de générations de maîtres forgerons. Le village conserve ainsi une identité profondément liée aux métiers traditionnels, dans une région où l’artisanat faisait historiquement partie de la vie quotidienne.

Au-delà de l’aspect patrimonial, Demirchi reflète aussi une autre réalité de l’Azerbaïdjan rural : celle de petites communautés cherchant à préserver leur mémoire face aux mutations contemporaines.

À travers cette tournée organisée en marge du WUF13, l’Azerbaïdjan a cherché à présenter aux médias internationaux une vision plus large de son identité : un pays où développement urbain, héritage historique et traditions locales s’entrecroisent.

Et entre spiritualité ancienne, renaissance viticole et artisanat séculaire, Chamakhi apparaît comme un condensé de cette diversité. Une région où chaque pierre, chaque vigne et chaque atelier racontent une partie de l’histoire du Caucase.

Car cette immersion a surtout permis de découvrir un Azerbaïdjan humain, vivant et profondément attaché à la préservation de son patrimoine culturel.

 

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Auteur

La Presse

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