Deuxième session africaine du Programme de renforcement des capacités du BIE : Développer la diplomatie économique et la visibilité internationale
La concurrence économique internationale s’intensifie, portée à la fois par la performance et la visibilité, les Expositions universelles deviennent de véritables outils stratégiques de diplomatie économique. C’est dans ce contexte que Tunis a accueilli, les 20 et 21 mai 2026, la deuxième session africaine du Programme de renforcement des capacités du Bureau international des expositions. À travers cette initiative, la Tunisie confirme son positionnement en tant que plateforme régionale de coopération et d’accompagnement des économies africaines, dans un objectif commun : renforcer leur visibilité, structurer leur présence et maximiser les retombées économiques de leur participation aux grandes manifestations internationales.
La Presse — Tunis a abrité, récemment, la deuxième session africaine du Programme de renforcement des capacités du Bureau international des expositions (BIE). Organisée en partenariat avec le ministère du Commerce et du Développement des exportations et le Centre de promotion des exportations, cette rencontre s’inscrit dans une dynamique continentale visant à renforcer la présence africaine sur la scène des expositions internationales.
Une contribution remarquable de la Tunisie
Ce programme ambitionne d’accompagner les Etats membres dans l’amélioration de leurs capacités stratégiques et opérationnelles. Il vise notamment à optimiser leur participation aux expositions, à promouvoir le partage des bonnes pratiques dans la conception et la gestion des pavillons nationaux, ainsi qu’à renforcer les synergies entre les délégations africaines.
Cette session prolonge des travaux engagés lors de la première édition organisée à Libreville en 2024. À cette occasion, la Tunisie s’était distinguée par des contributions remarquées, portant notamment sur la nécessité d’un accompagnement technique renforcé, d’une meilleure adaptation des formations aux réalités des pays participants et d’une anticipation accrue des calendriers. Dans son discours d’ouverture, le ministre du Commerce et du Développement des exportations, Samir Abid, a souligné la portée stratégique de ce dispositif. Selon lui, «ce programme constitue «un instrument de diplomatie économique et un levier de compétitivité internationale». Il a rappelé que les expositions internationales ne se limitent plus à un rôle de vitrine, mais s’imposent désormais comme de véritables plateformes d’influence économique et de projection stratégique. Dans un contexte mondial marqué par une intensification de la concurrence entre nations, ces événements offrent aux pays participants l’opportunité de valoriser leurs atouts économiques, d’améliorer leur attractivité et de nouer des partenariats durables. Pour les économies africaines, il s’agit d’un levier essentiel pour renforcer leur positionnement à l’échelle internationale. Forte d’une expérience consolidée au fil de ses participations, la Tunisie a progressivement structuré son approche des expositions internationales. Cette trajectoire lui a permis de renforcer sa diplomatie économique, d’affiner sa stratégie de promotion des exportations et d’améliorer la coordination entre ses institutions. «Une participation réussie se prépare en amont, avec méthode et professionnalisme», a insisté le ministre. De son côté, le P.-d.g. du Centre de promotion des exportations, Mourad Ben Hassine, a mis en avant la dimension opérationnelle de ces participations. Il a rappelé que derrière chaque pavillon national se cache un projet complexe mobilisant des ressources humaines, logistiques et créatives importantes. De Séville à Shanghai, en passant par Milan et Dubaï, jusqu’à Osaka 2025, la Tunisie a accumulé une expérience qui a permis d’améliorer progressivement ses méthodes et ses dispositifs de coordination. Pour lui, le renforcement des compétences et le partage d’expériences entre pays africains constituent des conditions indispensables pour tirer pleinement profit de ces rendez-vous internationaux. «Les expositions sont aussi des espaces d’échange et d’apprentissage collectif», a-t-il souligné.
Intégration économique du continent
Intervenant lors de cette session, le Secrétaire général du Bureau international des expositions, Dimitri S. Kerkentzes, a salué l’engagement historique de la Tunisie dans les expositions universelles, remontant à 1851. Il a rappelé que ces événements constituent, depuis plus de 175 ans, des plateformes de dialogue international, favorisant la coopération et la recherche de solutions aux défis globaux.
Au-delà de leur dimension symbolique, les expositions génèrent des retombées économiques concrètes. Elles stimulent les investissements, renforcent l’attractivité des territoires et facilitent la création de partenariats. Les pavillons nationaux deviennent ainsi des espaces stratégiques de promotion économique et culturelle.
Dans cette perspective, la session de Tunis s’inscrit dans une continuité marquée par les grandes échéances internationales à venir, notamment Osaka 2025, Belgrade 2027 et Riyad 2030. Elle reflète également une ambition plus large : faire des expositions internationales un véritable levier de coopération africaine. Portée par une dynamique démographique et économique en mutation, l’Afrique dispose d’un potentiel considérable. Toutefois, comme l’ont souligné les intervenants, ce potentiel nécessite d’être structuré à travers le développement des compétences et le renforcement des capacités institutionnelles. Ainsi, au-delà de la formation, ce programme s’affirme comme un outil stratégique au service de l’intégration économique du continent, de la valorisation de ses savoir-faire et de son insertion dans les grandes dynamiques internationales.



