Intervenant ce vendredi 29 mai 2026 sur les ondes de la Radio Nationale, la cheffe du service de pneumologie de l’hôpital Abderrahmane Mami a mis en garde contre les ravages de la cigarette électronique et du tabac chauffé, pratique de plus en plus répandue chez les adolescents. Pour combattre ce fléau, elle exhorte les citoyens à se tourner vers le sevrage gratuit proposé par les hôpitaux publics.
La cigarette électronique est aussi cancérigène que la cigarette classique
La cheffe du service de pneumologie et d’allergologie à l’hôpital Abderrahmane Mami d’Ariana, a de prime abord tenu à affirmer que contrairement à ce qu’on pourrait croire, la cigarette électronique communément appelée vape, est tout aussi dangereuse que la cigarette ordinaire.
L’invitée de l’émission « La Clinique Médicale » a précisé dans cet ordre d’idées que la vape composée de nicotine et des mêmes composants que le tabac classique, provoque de graves pathologies comme la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO). Elle est aussi incriminée dans l’obstruction des artères et dans bien des tumeurs et des cancers.
La Dr Maalej a également alerté sur le tabagisme passif lié à la vape. Elle a indiqué que même si la fumée de la vape disparaît rapidement et peut être inodore, le produit dégagé est d’une toxicité effrayante tant il est riche en substances chimiques. Elle a précisé que cette toxicité atteint son paroxysme après leur combustion. Face à ces risques avérés pour la santé, la spécialiste a rappelé que plusieurs pays ont déjà interdit l’usage de la cigarette électronique comme outil de sevrage tabagique.
A ce titre et tout en évoquant les résultats d’une étude réalisée en 2024, elle a qualifié de « très alarmants » les chiffres du tabagisme chez les jeunes. « Si 14,1 % des adolescents de 13 à 15 ans fument la cigarette classique, ce taux grimpe à 22,8 % lorsque l’on inclut la cigarette électronique », a-t-elle indiqué. Et d’ajouter que « la nocivité du tabac chauffé équivaut à la consommation de 20 à 70 cigarettes classiques ».
Gratuité du sevrage
Face à ce constat alarmant, la Dr Maalej invite les fumeurs à se diriger vers les consultations spécialisées en sevrage tabagique. « Ces services sont disponibles dans de nombreux hôpitaux de la République », a-t-elle indiqué. Et d’ajouter que ces services sont accessibles gratuitement dans les structures publiques. « Tout le monde peut accéder à ces services de sevrage moyennant la possession d’un carnets de soins. Une fois admis, les substituts nicotiniques y sont offerts sans frais », souloigne-t-elle.
À l’hôpital Abderrahmane Mami, ajoute-t-elle encore, six consultations sont ouvertes pour soutenir les efforts des autorités sanitaires. « L’objectif est d’ancrer la culture de l’arrêt du tabac et de sensibiliser aux dangers de toutes les cigarettes pour la santé et la société », indique-t-elle. Et de conclure que « ces consultations se basent sur la compréhension de la dépendance, qu’elle soit liée à la nicotine, à des facteurs psychologiques ou sociaux. C’est un pas à franchir tant le tabagisme, sous toutes ses formes, a des liens directs avec le cancer et la BPCO ».



