La consommation d’eau d’origine inconnue prend une ampleur inquiétante en Tunisie, particulièrement dans les quartiers populaires et les régions intérieures. Ce phénomène présente des risques sanitaires majeurs car ces eaux échappent à tout contrôle et ne respectent pas les normes de potabilité les plus élémentaires.
Dans une déclaration accordée à la radio, l’expert en développement et gestion des ressources, Houcine Rhili, a tiré la sonnette d’alarme. Il engage directement la responsabilité des autorités et des organismes de régulation, les appelant à intensifier les contrôles et à interdire purement et simplement cette vente illégale.
Cette situation est avant tout le reflet d’une crise économique et sociale. De nombreux citoyens se tournent vers les vendeurs ambulants car ils n’ont plus les moyens financiers d’acheter de l’eau conditionnée, dont le coût mensuel peut dépasser les 130 dinars par ménage. Cette dépendance aux alternatives privées est d’ailleurs massive.
Le pays se classe au quatrième rang mondial pour la consommation d’eau en bouteille par habitant, avec une moyenne de 246 litres par an selon l’Office des eaux minérales. Pour le spécialiste, ce chiffre témoigne directement de la perte de confiance des Tunisiens envers l’eau du robinet, dont la qualité n’a cessé de se détériorer.
Pour remédier durablement à cette crise, Houcine Rhili insiste sur l’urgence d’une refonte structurelle du réseau public. Il appelle l’État à moderniser les techniques de traitement de l’eau et à remplacer les canalisations vétustes de la Société Tunisienne d’Exploitation et de Distribution des Eaux (SONEDE), une modernisation indispensable pour justifier le coût de factures d’eau par ailleurs en constante augmentation.



