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Eau potable, barrages et irrigation : les grandes décisions du gouvernement

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  • 9 juin 2026
  • 9 min de lecture
Eau potable, barrages et irrigation : les grandes décisions du gouvernement

La Cheffe du gouvernement, Sarra Zafrani Zanzeri, a présidé, mardi 9 juin 2026 au Palais du gouvernement à la Kasbah, un conseil ministériel restreint consacré au système de l’eau, au cours duquel plusieurs décisions et programmes stratégiques ont été annoncés afin de renforcer la sécurité hydrique, garantir l’approvisionnement régulier en eau potable et améliorer la gestion des ressources en eau à l’échelle nationale.

À l’ouverture des travaux du conseil, la Cheffe du gouvernement a souligné l’importance stratégique du secteur de l’eau, le qualifiant de pilier fondamental pour la souveraineté hydrique, la sécurité nationale et la sécurité alimentaire, notamment face aux défis climatiques croissants observés à l’échelle mondiale.

Elle a affirmé que la réforme et la gouvernance du secteur de l’eau figurent parmi les priorités nationales de l’État, conformément aux orientations du Président de la République, Kaïs Saïed, afin de garantir le droit constitutionnel à l’eau potable pour l’ensemble des citoyens et de préserver les ressources hydriques pour les générations futures.

La Cheffe du gouvernement a également indiqué que les autorités poursuivent leurs efforts pour moderniser les cadres législatifs visant à améliorer la gestion des ressources en eau, leur valorisation et leur protection.

Elle a insisté sur la nécessité d’assurer la maintenance des infrastructures hydrauliques et des systèmes de distribution afin de garantir un approvisionnement continu en eau potable dans toutes les régions du pays et d’éviter les coupures soudaines, particulièrement durant la période estivale.

Dans ce contexte, elle a rappelé que l’État œuvre à diversifier les ressources hydriques à travers la mobilisation des ressources non conventionnelles, parallèlement à la réalisation de grands projets publics portant notamment sur les infrastructures de transfert d’eau, la modernisation des réseaux de distribution, la réhabilitation des systèmes d’alimentation en eau potable dans les zones urbaines ainsi que le développement des services d’assainissement et de traitement.

Miser aussi sur les énergies renouvelables

Elle a ajouté que les pouvoirs publics misent également sur les énergies alternatives afin de réduire les coûts de production et de transfert de l’eau potable.

Lors de cette réunion, le ministre de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche, Ezzedine Bencheikh, ainsi que le secrétaire d’État chargé des ressources hydrauliques, Hammadi Habib, ont présenté un exposé détaillé sur la situation actuelle des ressources hydriques, les réserves des barrages, le plan de sécurisation de l’approvisionnement en eau potable pour l’été 2026, la situation des eaux d’irrigation ainsi que les programmes futurs liés à la valorisation des eaux non conventionnelles.

Selon les données présentées au conseil, le programme urgent destiné à assurer l’approvisionnement en eau potable durant l’été comprend 81 projets, dont 35 déjà en cours de réalisation, pour un coût estimé à 58 millions de dinars.

Ce programme prévoit notamment le forage et le raccordement de 38 puits profonds afin de renforcer les ressources hydriques, la maintenance et le renouvellement de 26 stations de pompage, ainsi que des interventions dans 22 projets portant sur le renouvellement et le renforcement des réseaux de distribution.

Le plan comprend également des interventions ciblées au niveau des systèmes hydrauliques dans plusieurs régions du pays, avec la mobilisation d’équipes centrales travaillant en coordination avec les commissariats régionaux au développement agricole afin d’assurer un suivi permanent et garantir l’approvisionnement des citoyens en eau potable.

Vers la réalisation de 187 systèmes hydrauliques

Les autorités ont également annoncé l’accélération de la réalisation de 187 systèmes hydrauliques destinés à bénéficier à près de 248 mille habitants, pour un coût total de 147 millions de dinars.

Ce programme comprend notamment l’amélioration des performances de 74 systèmes hydrauliques au profit de 113 mille habitants, la remise en service de 38 systèmes hydrauliques au profit de 20 mille habitants, ainsi que la réalisation de six nouveaux puits profonds dans les régions du centre et du sud du pays.

Les mesures prévues concernent également le remplacement de dix puits profonds dans plusieurs gouvernorats, la maintenance des stations de pompage et des réseaux, l’acquisition d’équipements de réserve ainsi que la mise à disposition de vingt camions-citernes destinés aux zones montagneuses difficiles d’accès.

Concernant les eaux d’irrigation, les participants ont examiné le plan d’approvisionnement pour la saison agricole en cours selon les systèmes de barrages et leur répartition régionale, tout en insistant sur la nécessité de rationaliser l’utilisation des eaux d’irrigation dans toutes les régions du pays.

Qu’en est-il de la stratégie nationale à l’horizon 20250 ?

Le conseil ministériel a également examiné les grandes orientations de la stratégie nationale de l’eau à l’horizon 2050 ainsi que les programmes proposés pour la période 2026-2030.

Cette stratégie repose sur quatre axes principaux comprenant 43 programmes, 1200 mesures et des investissements estimés à 74,515 milliards de dinars.

Selon les données présentées, 53 % de ces investissements seront consacrés à la valorisation des ressources hydriques non conventionnelles, à la réalisation de projets prioritaires de mobilisation des ressources en eau, à l’amélioration des performances des réseaux d’eau potable et d’irrigation, à l’aménagement des terres agricoles, à la collecte des eaux pluviales ainsi qu’au recours accru aux énergies renouvelables.

Le gouvernement entend également poursuivre le programme de transition énergétique pour la période 2026-2035 à travers des audits énergétiques, la modernisation des stations de pompage, le développement des réseaux intelligents et la réalisation de centrales photovoltaïques d’une capacité totale de 225 mégawatts.

L’objectif affiché consiste à réduire les coûts énergétiques à moins de 17 % du coût total de production et de distribution de l’eau d’ici 2030, contre 27 % en 2025.

Le conseil a également examiné plusieurs technologies innovantes qui seront adoptées dans le domaine de la mobilisation et de la gestion des ressources hydriques.

Parmi les projets présentés figure la création d’une plateforme numérique d’aide à la décision permettant une gestion en temps réel des ressources hydriques grâce à la centralisation des données relatives aux précipitations, au ruissellement, aux réserves des barrages et à l’exploitation des ressources.

Les autorités prévoient également le lancement d’une plateforme numérique dédiée aux autorisations d’exploitation du domaine public hydraulique afin de renforcer la gouvernance du secteur, de simplifier les procédures administratives et de lutter contre les forages anarchiques.

Le conseil a aussi examiné un projet de mise à jour de la cartographie bioclimatique afin de permettre une actualisation de la carte agricole et une meilleure répartition géographique des cultures.

Parmi les solutions innovantes discutées figurent également des techniques de réduction de l’évaporation des eaux de surface, avec une expérience pilote prévue au lac de Kélibia dans le gouvernorat de Nabeul, ainsi que l’ensemencement des nuages et l’installation de panneaux photovoltaïques flottants.

À l’issue des travaux, le conseil ministériel a adopté une série de décisions destinées à concrétiser les orientations stratégiques de l’État dans le domaine de l’eau potable et de l’irrigation.

Parmi ces décisions figurent la garantie de l’approvisionnement en eau potable dans toutes les régions du pays, le renforcement de la coordination entre les gouverneurs et les différentes structures concernées, ainsi que la poursuite des projets d’infrastructure liés à l’eau potable et à l’irrigation dans le cadre du programme 2026-2030.

Le conseil a également décidé de réorganiser progressivement le système d’approvisionnement en eau potable dans les zones rurales à travers le transfert de la gestion des systèmes hydrauliques à la SONEDE et l’attribution directe des nouveaux projets à cette entreprise publique afin de garantir la pérennité des investissements.

Les autorités ont par ailleurs décidé d’imposer aux promoteurs immobiliers l’installation de systèmes de collecte des eaux pluviales dans les nouvelles constructions, dans le cadre du programme national de récupération des eaux de pluie.

Le conseil a également insisté sur la nécessité d’accroître l’exploitation des eaux non conventionnelles dans le secteur agricole, de poursuivre les projets de transfert des eaux entre les barrages du nord et les grands systèmes d’alimentation en eau potable, ainsi que de renforcer la mobilisation des ressources hydriques souterraines et de surface.

Les décisions portent aussi sur le recours accru aux énergies alternatives dans les domaines de la production et du transfert de l’eau potable et du traitement des eaux usées, tout en poursuivant le programme national de maîtrise de l’énergie.

Le conseil a enfin appelé la SONEDE à prendre toutes les mesures nécessaires afin d’assurer un approvisionnement régulier en eau potable dans l’ensemble des régions du pays et à accélérer l’adoption des compteurs intelligents.

Les autorités entendent également améliorer le rendement des réseaux de transport et de distribution de l’eau, renouveler les réseaux dégradés et déployer des systèmes intelligents de détection précoce des fuites et de surveillance à distance des réseaux afin de hiérarchiser les interventions selon les priorités.

Le conseil a, en outre, insisté sur la nécessité d’assurer une gestion efficace des réserves hydriques afin de répondre à la demande en eau et de garantir les besoins de l’irrigation pour la réussite de la saison agricole, tout en appelant à rationaliser la consommation de l’eau et à lutter contre le gaspillage et la mauvaise gestion des ressources hydriques.

R.I

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Auteur

La Presse

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