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La Tunisie attire les grands acteurs du solaire : un partenariat européen et japonais pour une centrale de 120 MW

  • 19 juin 2026
  • 4 min de lecture
La Tunisie attire les grands acteurs du solaire : un partenariat européen et japonais pour une centrale de 120 MW

La Tunisie a franchi une nouvelle étape dans sa stratégie de transition énergétique avec le lancement effectif des travaux d’une centrale solaire de grande envergure à Sidi Bouzid 2. Le projet, d’une capacité de 120 mégawatts (MW), est porté par le groupe norvégien Scatec en partenariat avec la société japonaise Aeolus SAS, filiale du groupe Toyota Tsusho. Il marque une avancée importante dans les efforts du pays pour réduire sa dépendance au gaz naturel importé et accélérer le développement des énergies renouvelables.

Selon un communiqué de Scatec, le démarrage des travaux intervient après la finalisation du bouclage financier du projet, estimé à environ 96 millions d’euros (soit près de 110 millions de dollars). L’investissement est structuré sur la base d’un financement mixte, combinant dettes et fonds propres, avec un taux de financement proche de 70 %. Les principaux bailleurs incluent la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), la Banque européenne d’investissement (BEI), ainsi que des mécanismes de soutien de l’Union européenne.

L’accord d’achat d’électricité (PPA) a été signé en décembre 2024 dans le cadre d’un appel d’offres lancé par les autorités tunisiennes visant à renforcer la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique national. Ce projet s’inscrit dans une dynamique plus large de diversification des sources d’énergie et de réduction de la dépendance aux importations de gaz, qui couvrent encore une part importante de la production électrique du pays.

Un projet structurant pour la transition énergétique tunisienne

La centrale solaire de Sidi Bouzid 2 constitue le troisième projet de Scatec en phase de construction en Tunisie, confirmant l’intérêt croissant des investisseurs internationaux pour le marché tunisien des énergies renouvelables. Selon le directeur général du groupe, Terje Pilskog, cette nouvelle infrastructure renforce la coopération avec Aeolus et illustre le potentiel de croissance du secteur énergétique tunisien.

Une fois mise en service, la centrale devrait produire environ 276 gigawattheures (GWh) d’électricité par an, de quoi alimenter plusieurs milliers de foyers en énergie propre. Elle permettra également d’éviter l’émission d’environ 107 000 tonnes de CO₂ chaque année, contribuant ainsi aux engagements climatiques de la Tunisie.

Le projet prévoit en outre une forte implication de Scatec dans les différentes phases de développement, notamment l’ingénierie, l’approvisionnement, la construction, ainsi que l’exploitation et la maintenance. Les travaux de construction représentent à eux seuls environ 75 % du coût total du projet, ce qui en fait un chantier industriel d’importance pour la région de Sidi Bouzid.

Une stratégie nationale de diversification énergétique accélérée

La mise en œuvre de Sidi Bouzid 2 intervient dans un contexte où la Tunisie dépend encore fortement du gaz naturel pour la production d’électricité, à hauteur d’environ 95 %. Plus de 60 % de ces ressources sont importées, ce qui pèse lourdement sur la balance énergétique du pays. Dans ce cadre, le développement de projets solaires apparaît comme une priorité stratégique pour sécuriser l’approvisionnement et réduire les coûts liés aux importations.

Le gouvernement tunisien vise une augmentation significative de la part des énergies renouvelables dans la production électrique nationale, avec un objectif estimé à 35 % d’ici 2030. Plusieurs projets sont déjà en cours, notamment d’autres centrales solaires développées par Scatec à Sidi Bouzid et Tozeur, chacune d’une capacité de 60 MW.

Par ailleurs, l’entreprise a également remporté un contrat pour la construction d’une centrale de 120 MW à Tataouine, confirmant la continuité de ses investissements dans le pays. Une autre initiative majeure concerne un appel d’offres lancé pour une centrale de 300 MW avec stockage par batteries dans la région de Kébili.

Avec Sidi Bouzid 2, la Tunisie confirme ainsi sa volonté de devenir un acteur régional de la transition énergétique, en s’appuyant sur des partenariats internationaux et sur la montée en puissance de ses infrastructures renouvelables.

R.I

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R. I

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