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Ramy Ayach et l’Orchestre national tunisien : Une soirée d’exception pour la Fête de la musique

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  • 23 juin 2026
  • 6 min de lecture
Ramy Ayach et l’Orchestre national tunisien : Une soirée d’exception pour la Fête de la musique

L’artiste libanais a retrouvé son public fidèle et passionné pour un concert qui a confirmé de nouveau son immense talent, son charisme artistique et la virtuosité des musiciens tunisiens qui l’ont accompagné.

La Presse — La grande salle du Théâtre de l’Opéra  était archicomble lors de la soirée du 21 juin pour fêter la musique avec Ramy Ayach et l’Orchestre national tunisien dirigé par Youssef Belhani. L’artiste libanais a retrouvé son public fidèle et passionné pour un concert qui a confirmé de nouveau son immense talent, son charisme artistique et la virtuosité des musiciens tunisiens qui l’ont accompagné.

Après une intro instrumentale avec la musique de « Ye khlila », Ramy Ayach est monté sur scène sous les applaudissements nourris des spectateurs. Il a remercié la ministre des Affaires culturelles Amina Srarfi et SEM l’ambassadeur libanais qui étaient parmi l’audience et rappelé le rapport particulier qu’il entretient avec la Tunisie, un pays qu’il visite régulièrement depuis ses débuts en 1996.

Le démarrage du concert a été fort en rythme, avec « Bahib enas errayaa », « Baddi jen », «  Khalini  maak» et « Bghalina w bdeellaa ». Ces chansons dansantes remontent à plus de deux décennies auparavant, mais ni Ramy Ayach ni ses tubes ne semblent prendre une ride. L’enthousiasme des spectateurs était à son comble et ils se sont levés pour danser, acclamer le chanteur et reprendre en chœur ces airs qu’ils chérissent et dont ils connaissent chaque parole. Pour la majorité de la foule présente, ces tubes ont agi comme une véritable madeleine de Proust réveillant les réminiscences de l’adolescence, particulièrement pour la génération des 80 et 90. En plus de la qualité indéniable de ses prestations, la présence de cet artiste libanais est appréciée davantage pour cet effet nostalgique. Avant l’ère de YouTube, où ses clips cumulent aujourd’hui des dizaines de millions de vues, on diffusait ces titres en boucle sur des chaînes télé qui suscitaient l’engouement de la jeunesse de cette époque comme Rotana, Mazzika et Melody. D’ailleurs, l’interaction du public a visiblement baissé quand il a chanté des titres relativement plus récents dont la richesse artistique n’était pourtant pas moindre.

Une autre particularité de la musique de Ramy Ayach, c’est une présence forte et imposante de la section des percussions avec six musiciens sur scène. Ce sont donc pour la plupart des airs entraînants aux accents festifs qui installent immédiatement une ambiance dynamique propice à la danse. La chanson « Jobrane », plus douce et plus romantique, a été également bien applaudie par le public.

La star libanaise a tout de même fait exprès de pousser des vocalises opérales en fin de chaque chanson, comme pour démontrer l’étendue et la puissance de sa voix. Sur ce point, il s’est dépassé lui-même, en comparant ce concert à son passage au Festival international de Hammamet deux ans auparavant. Lors de la soirée du festival, il n’était pas dans le meilleur de son état et sa prestation vocale avait été affectée par un problème de santé passager.

En plus de son propre répertoire, Ramy Ayach a repris «Alf lila w lila» de Oum Kalthoum, « Sawah » de Abdelhalim Hafedh, « Aala remch ayounha » de Ouadia Al-Safi et un medley court de Melhem Barakat. Ses chansons ont pour dénominateur commun une exigence vocale incontestable et un grand attrait auprès des spectateurs.

Comme la plupart des artistes libanais, Ramy Ayach s’est montré doté d’une grande intelligence de communication. Il n’a cessé d’interagir et de plaisanter avec le public. Les paroles de certains titres ont été remodelées pour y mentionner la Tunisie, ce qui suscite à chaque fois des applaudissements et des acclamations. D’ailleurs, il a fini le concert avec le drapeau tunisien posé sur son épaule, un geste fortement apprécié et qui a renforcé sa communion avec le public déjà conquis. Le spectacle a été clôturé en beauté avec « Mabrouk », l’un de ses titres phares qu’il a dédié aux lauréats du baccalauréat dont les résultats ont été dévoilés la veille.

Ce concert de Ramy Ayach à l’occasion de la Fête de la musique a été fortement critiqué dès qu’il fut annoncé. Certains ont souhaité que la priorité soit donnée à des voix tunisiennes pour cette date symbolique. Or, le Théâtre de l’Opéra de Tunis programme en continu des spectacles de chanteurs tunisiens, tout en inscrivant dans sa stratégie l’ouverture sur les scènes arabes et internationales. Pour ce concert, Ramy Ayach a été entouré de musiciens et de choristes tunisiens. Ce genre de collaborations permet à nos artistes et à leurs invités de s’enrichir mutuellement. D’ailleurs, l’artiste libanais a salué à plusieurs reprises la virtuosité du maestro Youssef Belhani et de son orchestre. En plus de l’interprétation collective, des solos ont également mis en avant les talents du célèbre flutiste Hassine Miloud et de la luthiste de renom Nada Mahmoud.

Il est important de rappeler que les structures relevant du ministère des Affaires culturelles ont organisé de nombreux événements à l’occasion de la Fête de la musique, dont la plupart sont gratuits pour le grand bonheur des mélomanes. La Cité de la culture, elle-même, a accueilli quelques heures avant le concert de Ramy Ayach un spectacle gratuit avec le maestro Shady Garfi et la cheffe de chœur Andrea Grigoras.

Lors de la conférence de presse, l’artiste libanais a été interrogé sur la longévité de ses tubes. Il a souligné que la bonne musique n’est jamais limitée par le temps et l’espace. En réponse à une question sur la guerre au Liban, il a déclaré qu’il la vit d’abord en citoyen libanais, puis en artiste vu qu’elle accentue la crise que l’industrie musicale traverse depuis le Covid.

Ramy Ayach est revenu, une fois de plus, sur son attachement à la Tunisie à laquelle il sent même une véritable appartenance. Il a encore loué le talent impressionnant des musiciens et du maestro Youssef Belhani avec lesquels il a partagé la scène.  L’artiste a confié qu’il aurait voulu interpréter « Ye Khlila » lors de ce spectacle, mais les paroles lui ont été difficiles à maîtriser en un laps de temps court. Il a tout de même déclaré qu’il souhaite recevoir des propositions de textes et autres offres de collaborations pour chanter en dialecte tunisien.

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Auteur

Amal BOU OUNI

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