L’expert en énergie Mahmoud El May anticipe une hausse imminente des prix des carburants
Malgré le gel des tarifs durant la récente crise géopolitique suite à la guerre contre l’Iran, le statu quo sur les prix à la pompe semble toucher à sa fin…. L’envolée du baril à 73 dollars fait peser une lourde charge sur les caisses de l’État. Et un réajustement des prix à la pompe est attendu dès ce mois-ci.
Intervenant ce matin du jeudi 25 juin 2026 sur les ondes de Jawhara FM, Mahmoud El May, expert dans le secteur de l’énergie, a mis en lumière les arbitrages financiers délicats de l’État. « Contrairement à la majorité des pays importateurs qui ont répercuté la flambée des cours mondiaux consécutive à la guerre contre l’Iran, la Tunisie a délibérément choisi de geler les prix des hydrocarbures au profit des consommateurs », a-t-il annoncé d’emblée. Toutefois, l’expert, prévient qu’un réajustement des tarifs nationaux est désormais inévitable et devrait être annoncé au cours de ce mois.
Selon le spécialiste, l’effort financier consenti par le gouvernement via la Caisse générale de compensation est colossal. « L’État prend actuellement à sa charge un différentiel d’environ 27 dollars par baril de pétrole importé », note Mahmoud El May tout en évoquant une équation budgétaire critique pour les finances publiques. « Chaque hausse d’un seul dollar sur les marchés internationaux génère un coût supplémentaire direct de 165 millions de dollars pour le Trésor public, une charge intégralement absorbée par le mécanisme des subventions d’État », précise-t-il.
Le baril de pétrole dépasse les prévisions de la loi des finances
La pression financière découle d’un décalage marqué avec les prévisions macroéconomiques de l’année. La loi des finances 2026 a en effet été élaborée sur la base d’une hypothèse prudente fixant le prix de référence du baril de pétrole à 63 dollars. Or, la réalité des marchés a bousculé ce cadre réglementaire, le baril fluctue aujourd’hui aux alentours de 73 dollars. A ce titre, l’intervenant souligne que « bien que ce cours marque un léger repli par rapport aux pics récents de la crise, il demeure bien trop élevé pour les capacités financières du pays, d’autant que la Tunisie se classe parmi les nations à la consommation énergétique la plus intense par habitant ».
Dans ce même ordre d’idées et interrogé sur le mécanisme de l’ajustement automatique des prix à la pompe, l’expert a précisé que ce système d’indexation mensuelle a été mis de côté à la suite de la baisse précédente des cours. Mahmoud El May a d’ailleurs rappelé qu’il avait été l’un des précurseurs et des initiateurs de cette mesure de régulation, qu’il avait personnellement soumise et défendue devant l’Assemblée nationale constituante.



