Tunisie : plus de 15 000 affaires de drogue enregistrées en 2025
En 2025, la Tunisie a enregistré 15 253 affaires liées aux stupéfiants impliquant 27 338 personnes, dont 89 % âgées de 19 à 40 ans, selon les données communiquées par les représentants du ministère de l’Intérieur devant la commission de la législation générale de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP).
Lors de cette audition tenue jeudi, les responsables sécuritaires ont également indiqué que les principales zones concernées restent le Grand Tunis, le littoral et le nord-ouest, identifiés comme les principaux foyers du trafic de stupéfiants.
Sur le plan opérationnel, les forces de sécurité ont saisi en 2025 2 590 707 comprimés de drogues ainsi que 131 810,57 grammes de cocaïne, à l’issue de plusieurs opérations ciblées.
Les représentants du ministère de l’Intérieur ont toutefois souligné que ces résultats ne doivent pas occulter l’évolution constante des réseaux criminels, qui exploitent notamment la position géographique de la Tunisie en tant que pays de transit. Ils ont insisté sur la nature transnationale de la criminalité organisée, appelant à une réponse globale, coordonnée et adaptée à sa complexité.
Dans ce contexte, la proposition de loi déposée en février 2024 par un groupe de députés, et actuellement examinée, comprend 40 articles. Elle prévoit l’abrogation de sept dispositions jugées obsolètes, un durcissement des amendes, ainsi qu’une distinction plus claire entre consommation et trafic.
Le texte renforce également la protection des espaces publics et des établissements scolaires, avec un alourdissement des peines lorsque les infractions y sont commises.
Par ailleurs, le ministère de l’Intérieur a rappelé qu’une commission interministérielle travaille déjà sur une refonte globale de la loi 52, sur la base d’études scientifiques tenant compte des spécificités de la société tunisienne et de la cohérence avec les textes en vigueur.
Au Parlement, plusieurs députés ont appelé à la création d’une direction spécialisée dans la lutte antidrogue, sur le modèle des structures antiterroristes, afin de renforcer l’efficacité de l’action sécuritaire.



