« Résonances oniriques », Exposition collective inaugurale : Territoire et états oniriques
C’est sous le signe de l’appel à la découverte et de la thématique de l’onirisme que le vernissage de l’exposition collective « Résonances oniriques » a permis aux invités présents de découvrir les 11 œuvres installées, d’interagir avec les artistes et de découvrir le « Rêvium ».
La Presse — L’exposition collective se poursuit jusqu’au 10 juillet 2026 avec sa pléiade d’artistes participants, citons Baker Ben Fraj, Belhassen Kechaou, Kamel Kechaou, Majed Zalila, Mehdi Kriaa, Mohamed Ghassan, Najwa Abdelmaksoud, Noomen Gmach, Rachida Amara, Raouf Karray et Salwa El Aydi, également commissaire de l’exposition.
Découvrir ce travail collectif, c’est répondre à l’appel des termes à connotation, appelant aux bien-être, aux songes, à la pratique des arts et à l’osmose avec la nature. Le titre de l’exposition et du lieu en dit long sur toute une identité naissante au village d’El Maamoura : celle tissée autour du « Rêvium », cet espace de « traversée et de conscience créative », comme défini par Ahlem Ismail, sa fondatrice, et son équipe.
Des résonances palpables
Au moins 11 visions artistiques s’entremêlent et se croisent, dans une salle d’exposition, abritant une diversité d’œuvres faites avec plusieurs techniques et matières. Des œuvres qui racontent plusieurs mémoires, récits et arborent surtout une vision singulière, propre à l’univers distinct de chacune et chacun.
S’attarder sur chaque œuvre, c’est s’ouvrir sur une pratique individuelle, une dimension unique. Raouf Karray, graphiste et artiste visuel, tisse son travail artistique mouvant, en partant d’une citation de Mahmoud Darwich et fait dialoguer texte et image. La technique de Baker Ben Fraj, graveur et peintre, oscille entre mémoire collective et incitation à la critique.

Les pratiques se diversifient et cohabitent dans des tableaux bien allignés. Entre visibilité et effacement, Nomen Gmach, artiste visuel et peintre, propose une peinture–trace attrayante, intrigante, qui interpelle, tandis que Najwa Abdelmaksoud, aussi peintre, explore les zones les plus enfouies du langage plastique et pictural.
Mehdi Kriaa, Kamel Kechaou et Belhassen Kechaou, proposent une lecture inédite, passionnante et engagée de la matière et ouvrent un champ d’exploration large dans lequel ils manient la matière. Ils ont conçu des œuvres en céramique et des structures faites, entre autres, en argile. Ce qui caractérise le travail en perpétuel transformation de Mehdi Kriaa, céramiste, c’est sa maîtrise de la technique du Raku, qui consiste à alterner ou marier les deux techniques de l’oxydation et de la cuisson. Le céramiste Belhassen Kechaou fait parler en profondeur ses œuvres en superposant des strates. Kamel Kechaou conçoit des œuvres céramiques attrayantes, riches en compositions en relief sur plaque d’argile.
Il tente ainsi de faire dialoguer le naturel et le construit. Rachida Amara, graveur, fait appel à la technique du lino, qui combine dessin et gravure. Elle pense aussi une scénographie de personnages, aux états d’âme divers et des protagonistes qui surgissent dans tous leurs états. Mohamed Ghassan, sculpteur, exploite les fragilités de l’humain et sa sensibilité exacerbée le plus souvent, par rapport à son environnement, à son époque. Une sensibilité qui puise dans l’universel. Ses sculptures provoquent des interrogations et font résonner de nombreuses tonalités, souvent mystérieuses, sombres, voire pessimistes.
Une remise en question de la condition humaine est palpable dans ses œuvres. La technique de l’aquarelle qui incite au contemplatif caractérise le travail de Majed Zalila, artiste peintre. Ses œuvres sont une invitation à se perdre dans autant d’expressions, d’émotions, de rencontres dessinées, peintes, sensibles. Salwa El Aydi, commissaire d’exposition, a su fusionner les visions, les matières, les formes, dans un vaste espace, propice à la création, apte à abriter de multiples propositions artistiques et d’en faire un espace de Vortex onirique. Cette exposition collective est la première, organisée sur place.

Un lieu dédié à la création
Baptisé le « Rêvium », cette résidence artistique est située à El Maamoura, et est nichée dans une zone rurale qui donne, de loin, sur la mer. Un rêve d’enfant qui appartient à sa fondatrice Ahlem Ismail, attirée par le Cap Bon depuis toujours, son climat, son histoire. Le « Rêvium » permet aux artistes accueillis de créer, en dehors de Tunis, dans un lieu propice à l’inspiration et à la créativité.
Au calme, dans la nature, ce lieu, à haut potentiel, dédié aux artistes, s’apprête à s’étendre en offrant une 2e scène pour les résidents désireux de se produire devant des publics lors des sorties de résidence musicales, théâtrales ou autres, et qui se déroulent sur place. D’autres pièces verront le jour. De l’espace libre, une salle de galerie et une bibliothèque sont déjà accessibles.
Un petit théâtre de 300 places est mis en place. Le lieu aspire à dynamiser la culture et le tourisme. Pendant le vernissage, le violoncelle a résonné à Dar Oufa, l’autre nom officieux du « Rêvium ». Le musicien Ahmed Adnan Al Nuaimi a accompagné le public présent. Le musicien est fondateur de l’Orchestre de violoncelle de Tunis. L’exposition « Résonances oniriques » s’étalera jusqu’au 10 juillet 2026. L’accès est libre.



